L'histoire se répète

L'administration du maire Marc Bureau souhaitait elle-aussi conclure... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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L'administration du maire Marc Bureau souhaitait elle-aussi conclure un partenariat public-privé avec les Olympiques de Gatineau pour rénover l'aréna Guertin.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE/ La réaction quasi viscérale du maire Maxime Pedneaud-Jobin à un scoop de mon collègue Mathieu Bélanger démontre à quel point la Ville de Gatineau marche sur des oeufs dans le dossier Guertin.

Plutôt que de répondre aux importantes questions de fond soulevées par l'article du Droit, le maire Pedneaud-Jobin a préféré insister sur de prétendues «faussetés» contenues dans le reportage.

Il y va fort. Il n'y a pas de «faussetés» dans l'article. Tout au plus un détail inexact, voire une nuance qui aurait pu être faite si on s'était donné la peine de répondre aux questions de mon collègue, la veille de la publication.

Le maire aura beau essayer de détourner l'attention et de multiplier les manoeuvres de diversion, il n'en reste pas moins que l'article frappait en plein dans le mille pour ce qui est du fond des choses.

Ainsi, on apprend que Gatineau aimerait «choisir» l'organisme avec lequel elle négociera la gestion du futur amphithéâtre destiné à remplacer le centre Robert-Guertin. Tiens, comme c'est intéressant!

Qu'est-ce que ça signifie au juste? 

Si on lit entre les lignes, ça veut dire que Gatineau songe à passer outre au processus d'appel d'offres prévu dans la loi pour décider avec qui elle veut travailler sur un projet. Et ce ne serait pas la première tentative du genre.

Rappelez-vous en 2009. L'administration du maire Marc Bureau souhaitait elle aussi conclure un partenariat public-privé (PPP) de gré à gré avec les Olympiques de Gatineau pour rénover le vieux Bob. Mais la ministre Nathalie Normandeau s'y est opposée à l'époque, en insistant sur l'obligation pour la Ville de passer par une demande de soumissions. Du coup, le projet de PPP était mort dans l'oeuf.

C'est un peu la même histoire qui se répète aujourd'hui. À la différence que Gatineau voudrait mettre Québec dans le coup dès le départ, afin d'éviter toute réprimande. D'où cette idée d'acheminer un projet de loi privé à l'Assemblée nationale qui l'autoriserait à négocier avec le partenaire de son choix - que ce soit Vision Multisports Outaouais ou les Sénateurs d'Ottawa.

***

Même à supposer qu'un projet de loi privé se rende un jour à Québec, je vois mal le gouvernement Couillard dispenser une grande ville comme Gatineau de l'obligation d'aller en appel d'offres pour un projet d'envergure comme le nouveau Guertin.

Comment les libéraux pourraient-ils justifier une telle décision, eux dont l'intégrité est remise en doute, jour après jour, par les partis d'opposition dans la foulée de l'arrestation de l'ex-ministre Normandeau et de l'affaire Sam Hamad?

Le climat politique actuel à Québec ne s'y prête tout simplement pas, tant il est encore chargé des miasmes de l'après-commission Charbonneau.

Et puis, au-delà du climat politique, la loi est claire. Une ville ne peut subventionner, directement ou indirectement, un organisme privé.

Quant à la procédure d'appel d'offres, elle existe pour s'assurer que les contribuables obtiennent le meilleur retour possible sur l'investissement des fonds publics. Sur l'avis de ses procureurs, Québec a refusé de déroger à cette règle en 2009. Pourquoi le gouvernement libéral aurait-il une opinion différente aujourd'hui?

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