Vers une réconciliation?

En assemblée générale, l'AFPC s'est prononcée «avec véhémence»... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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En assemblée générale, l'AFPC s'est prononcée «avec véhémence» contre le projet Zibi du groupe Windmill, situé en majeure partie à Gatineau, dans le secteur des îles de la Chaudière.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Au départ, un syndicat de fonctionnaires fédéraux qui se mobilise contre un gigantesque projet immobilier de 1,2 milliard de dollars m'apparaît comme une démarche pour le moins... inusitée.

C'est pourtant ce qu'a fait le conseil régional de l'Alliance de la fonction publique fédérale du Canada (AFPC) au début mai. En assemblée générale, le puissant syndicat s'est prononcé «avec véhémence» contre le projet Zibi du groupe Windmill, situé en majeure partie à Gatineau, dans le secteur des îles de la Chaudière.

Qu'est-ce qui suscite ainsi l'indignation de l'AFPC?

Le fait que l'ancien site de la papetière Domtar est reconnu comme une terre sacrée par des groupes autochtones. Or l'une des missions que s'est données le syndicat, par l'entremise d'un comité régional, c'est de défendre les droits des autochtones.

Surprenante à première vue, l'opposition de l'Alliance à un projet immobilier procède donc d'une certaine logique. Je serais quand même curieux de savoir à quel point les milliers de fonctionnaires membres de l'AFPC sont au courant de l'initiative de leur syndicat.

Ceci dit, l'AFPC soulève des questions de fond tout à fait pertinentes, notamment sur la manière dont ce site classé d'importance nationale est très vite passé aux mains de Windmill sous l'ancien gouvernement Harper. Le syndicat estime qu'il n'est pas trop tard pour réagir et exhorte le gouvernement de Justin Trudeau à protéger les terres ancestrales des Algonquins, en collaboration avec les Premières Nations.

Les groupes autochtones eux-mêmes ne s'entendent pas sur l'utilisation des îles de la Chaudière, des terres algonquines «non cédées» qui ont été exploitées pendant plus d'un siècle par l'industrie des blancs. Alors que certains groupes autochtones sont prêts à travailler avec Windmill, d'autres souhaitent que le site soit naturalisé et redevienne le lieu de guérison, de rencontres et de prières qu'il était à l'origine.

Le groupe Windmill a fait preuve d'une belle ouverture en embauchant des autochtones sur le chantier de construction et en discutant avec plusieurs de leurs représentants. Mais, visiblement, sa proposition d'inclure des points de contemplation, des panneaux d'interprétation et un sentier des Premières Nations à son projet ne contentera pas la frange plus revendicatrice des autochtones - celle-là même qui vient d'obtenir l'appui de l'AFPC.

Il faudra voir la réaction de la ministre Mélanie Joly, responsable de la CCN, à la sortie du puissant syndicat de la fonction publique. Le gouvernement Trudeau a fait de la grande réconciliation avec les Premières Nations un de ses chevaux de bataille. Pour l'instant, le député libéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, demeure prudent dans ses commentaires. «Je suis encouragé par le fait que les discussions se poursuivent entre Zibi et les autochtones», dit-il.

Même si Zibi a déjà obtenu le feu vert pour la construction des premiers immeubles à condos, il n'est pas trop tard pour bonifier le projet. Il y a ici une belle occasion de mettre en pratique les préceptes de la Commission vérité et réconciliation, notamment en impliquant davantage les autochtones dans le développement économique.

Peut-être que cette proposition du défunt chef William Commanda d'y établir une ambassade des Premières Nations, pas très loin du parlement, serait une belle idée de réconciliation.

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