La perception négative

Le président de la CCG, Jean-Louis Desrosiers, et... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le président de la CCG, Jean-Louis Desrosiers, et l'ancien maire Yves Ducharme discutent avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / «À force de se dire qu'on n'est pas bons, on finit par y croire», regrette le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

C'est ce qu'il a déploré devant la Chambre de commerce de Gatineau, jeudi midi, dans un hôtel du centre-ville.

Et c'est vrai que, dans les médias, on a tendance à insister sur ce qui ne roule pas rond à la Ville de Gatineau... ou ailleurs! C'est dans la nature de la bête médiatique de pointer du doigt ce qui cloche et d'en informer la population dès lors que c'est d'intérêt public.

Le maire reconnaît sans peine que Gatineau a besoin de la critique pour s'améliorer. Mais il a l'impression qu'on insiste trop sur les points négatifs. Certains jours, dit-il, sa revue de presse quotidienne le décourage.

«À force de dire qu'on n'est pas bons, on finit par convaincre les gens qui voudraient investir chez nous de ne pas le faire», a-t-il confié aux gens d'affaires.

Je peux comprendre la frustration du maire. Même si je doute que Gatineau ait mauvaise presse au point de faire fuir les investisseurs. Il ne faudrait pas charrier.

***

Ceux qui suivent de près la vie municipale peuvent en témoigner. L'administration Pedneaud-Jobin a entrepris des transformations utiles de l'appareil municipal. L'ennui, c'est que ces réformes demeurent largement invisibles du grand public. Ou encore, leurs effets ne se font pas pleinement sentir.

Prenez la réforme de l'urbanisme. Des entrepreneurs saluaient jeudi les efforts consentis par la Ville de Gatineau pour simplifier l'émission des permis. La nouvelle commission de développement économique suscite également beaucoup d'espoir.

En même temps, les entrepreneurs ne voient pas toujours la différence sur le terrain. Ils négocient avec les mêmes fonctionnaires qu'avant. Certains sont ancrés dans leurs vieilles habitudes. Il faut du temps pour changer une culture administrative. C'est comme manoeuvrer un paquebot, a comparé avec justesse le président de la chambre de commerce, Jean-Claude Desrosiers.

La dynamique très particulière de ce conseil municipal y est aussi pour quelque chose dans la perception que les choses ne tournent pas toujours rond à Gatineau.

Le parti du maire, minoritaire, doit constamment négocier pour s'imposer face à une majorité d'indépendants. Il en ressort une impression de chicane perpétuelle... C'est un peu injuste dans la mesure où ces chocs d'idées sont normaux dans une démocratie.

***

Maxime Pedneaud-Jobin n'est pas le premier maire à se plaindre que sa ville ait mauvaise presse. L'ancienne administration du maire Marc Bureau s'en plaignait aussi. Tout comme l'ex-maire Yves Ducharme et d'autres maires avant eux. Politiciens et journalistes ont toujours eu une relation tiraillée.

Ceci dit, c'est toute une affaire de changer une perception négative au sein de la population. Le maire s'y est attelé jeudi en y allant d'une longue nomenclature des changements et des projets mis en branle par son administration. 

Les gens d'affaires l'ont écouté poliment... avant de le ramener à la réalité. La première question du public a porté sur les deux tours de Brigil. La seconde sur le dossier Guertin - dont le maire avait omis de parler dans son allocution. Comme quoi c'est sur les grands dossiers que la population préfère juger ses dirigeants.

En ce sens, l'annonce de l'obtention des Mosaïcultures pour 2017 tombe à point pour la Ville de Gatineau et le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Qu'on aime ou pas les sculptures florales, il s'agira du plus gros événement populaire de l'histoire de la grande ville.

Plus gros que les Jeux du Québec en 2010, plus gros que les Jeux de la Francophonie de 2001 qui se déroulaient surtout du côté d'Ottawa.

Voilà un projet potentiellement rassembleur pour les Gatinois et les gens de l'Outaouais.

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