Un pas dans la bonne direction

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan... (Jacques Boissinot, Archives PC)

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Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

Jacques Boissinot, Archives PC

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CHRONIQUE / L'arrivée des nouvelles super-cliniques du ministre Gaétan Barrette désengorgera enfin les urgences de l'Outaouais. Est-ce que la majorité des patients aura pour autant un meilleur accès aux soins de santé? Il faudra voir.

Mais après les réformes essentiellement administratives menées ces dernières années par le gouvernement libéral, la population verra peut-être enfin de premières retombées concrètes sur le terrain.

Il suffit de passer quelques heures au triage d'une urgence d'hôpital pour comprendre pourquoi elles sont si engorgées. Entre 60 et 65% des gens qui vont s'y faire soigner n'ont pas d'affaire là. Comme ils n'ont nulle part où aller, ils n'ont pas le choix.

Mais ça fait que les urgentologues, qui devraient se concentrer à soigner les gens en danger de mort, doivent aussi traiter l'otite du petit, l'entorse du plus grand et la bursite de mononcle...

Les super-cliniques du Dr Barrette arrivent comme une réponse à cette plate réalité. En principe, tous les cas jugés non prioritaires seront désormais traités dans ces super-cliniques exploitées par le privé et ouvertes 12 heures par jour, tous les jours de la semaine.

Libérées des deux tiers de leur clientèle, les urgences des hôpitaux devraient pouvoir se concentrer sur leur mission première: traiter le trauma majeur, l'accidenté de la route, l'arrêt cardiaque... Bref, les vraies de vraies urgences médicales.

Sur papier, le plan est impeccable.

Encore qu'on peut se demander pourquoi le ministre Barrette a décidé d'arriver à ses fins en ouvrant des super-cliniques plutôt que d'organiser les soins de première ligne autour des CLSC - qui avaient été conçus à cette fin dans les années 1970.

***

Dans la réalité très particulière de l'Outaouais, l'idée du ministre Barrette pourrait cependant se buter rapidement à une réalité incontournable.

Les super-cliniques ne changeront rien au fait qu'il y a de plus en plus de malades à traiter et toujours aussi peu de médecins pour les soigner. De nouveaux médecins, ça ne s'invente pas!

Là-dessus, le ministre Barrette affirme qu'il a bouché les «trous de la passoire» qui faisaient que bien des nouveaux diplômés en médecine s'évitaient de venir travailler en Outaouais. La région sera désormais en mesure de recruter son plein quota d'effectifs médicaux, a-t-il assuré sur les ondes du 104,7 fm. On verra bien!

Chose certaine, l'ouverture des super-cliniques créera davantage d'heures de visites. Les médecins devront se montrer plus disponibles et plus flexibles que jamais. Joueront-ils le jeu? Après tout, ils ont boudé l'ancien modèle des cliniques réseau qui ressemblait aux super-cliniques. 

La différence, cette fois, c'est que les promesses de financement de Québec semblent suffisamment alléchantes pour convaincre le corps médical de bouger. Un groupe de médecins démontre déjà de l'intérêt à ouvrir une super-clinique près de l'Hôpital de Hull.

Même si des questions demeurent en suspens, l'arrivée des super-cliniques en Outaouais me semble un pas dans la bonne direction. Après deux années d'austérité, c'est une promesse libérale de la campagne de 2014 qui semble enfin se concrétiser.

La majorité des gens de l'Outaouais sans médecin de famille auraient désormais une autre option à leur portée que d'attendre des heures interminables à l'urgence pour faire soigner un mal bénin. C'est déjà beaucoup. Mais les super-cliniques n'auront de sens que si les médecins qui y travaillent ne se contentent pas de soigner les patients à la chaîne et acceptent d'en prendre un certain nombre sous leur aile.

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