Pas si vite...

Les efforts vont se poursuivre afin de réduire... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Les efforts vont se poursuivre afin de réduire la vitesse des automobilistes, notamment près des parcs et dans les zones scolaires.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / À en croire certains, les rues de Gatineau seraient des pistes de course envahies par de dangereux chauffards que les policiers devraient mater à grands coups de contraventions. Pas si vite.

Bien sûr que ça roule souvent trop vite dans les rues de Gatineau. C'est le propre des grandes villes conçues pour l'automobile d'avoir des problèmes de vitesse excessive.

Mais est-ce que le problème est plus grave qu'ailleurs? Est-ce que la situation s'est améliorée ou a-t-elle empiré ces dernières années? Y a-t-il plus ou moins de chauffards qu'avant à Gatineau?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. En réalité, c'est comme si on n'en savait trop rien. Pour l'instant, il ne semble pas exister suffisamment de données objectives, comparables, pour tracer un portrait d'ensemble des problèmes de vitesse à Gatineau.

Résultat: lorsque le débat sur la vitesse dévale au conseil municipal, comme mardi, les échanges entre élus portent moins sur des données impartiales que sur la perception des citoyens.

Or là-dessus, il n'y a pas de zone grise. Bien des citoyens sont persuadés que la vitesse est un véritable fléau à Gatineau et qu'il faut prendre les grands moyens pour l'enrayer. Qu'elle soit fondée ou pas, leur inquiétude est bien réelle. Et ils ne se gênent pas pour en faire part à leurs élus municipaux.

Dans leur souci légitime de tenir compte des préoccupations de leurs commettants, les élus ont tendance à se lancer dans des débats à forte teneur émotive. Mardi, ça tirait de partout au conseil municipal. Tour à tour, et parfois à grand renfort d'indignation, les élus ont réclamé plus d'opérations policières, plus d'argent pour rétrécir les rues, plus de panneaux d'arrêt, des limites de vitesse plus basses sur certaines rues, des campagnes de sensibilisation...

C'est bien beau d'en exiger toujours plus. Avant d'aller plus loin, peut-être faut-il rappeler que les rues de Gatineau respectent les normes en vigueur. Le sempiternel débat sur la vitesse porte en fait sur la question suivante: jusqu'où la Ville de Gatineau est-elle prête à aller pour augmenter la sécurité de ses rues au-delà des normes prescrites?

Or de ce point de vue, ce n'est pas comme si la Ville de Gatineau restait les bras croisés. Bon an, mal an, les policiers infligent plus de 20 000 contraventions pour vitesse au volant. Depuis peu, les nouveaux radars-photos forcent les conducteurs à ralentir sur une vingtaine d'artères «accidentogènes» de Gatineau. La vitesse a été réduite à 40 km/h dans les rues de quartier...

C'est sans compter les millions dépensés pour installer des dos d'âne, des balises et des bollards pour ralentir la circulation, le tout avec des résultats probants. Et les efforts vont se poursuivre de ce côté, notamment près des parcs et dans les zones scolaires. Quant au nombre de collisions, il a chuté de 33% depuis 2009.

***

Une partie du problème, c'est que les élus municipaux se sentent démunis. Si une rue ne se qualifie pas pour recevoir des mesures d'atténuation de vitesse, le conseiller se retrouve impuissant à rassurer ses citoyens inquiets. Désolé, mesdames et messieurs, meilleure chance la prochaine fois...

Pour sortir de cette logique du «tout ou rien», le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le conseiller Cédric Tessier proposent de fournir des outils aux communautés qui ont la volonté d'agir contre la vitesse, que ce soit en faisant du porte-à-porte ou en distribuant des dépliants dans leur quartier. 

Une solution intéressante. Y'a pas que les tickets de vitesse!

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