L'aversion pour le maire ne suffit pas

Sylvie Goneau a annoncé la décision la plus... (Martin Roy, LeDroit)

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Sylvie Goneau a annoncé la décision la plus importante de sa carrière politique à 19 mois du scrutin.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Voilà déjà six ans qu'elle est conseillère municipale à Gatineau. Et je serais bien incapable de situer Sylvie Goneau sur l'échiquier politique. Est-elle à gauche du maire? À droite?

Ce qui est sûr, c'est que la représentante du district de Bellevue est contre le maire. Contre son style de leadership. Contre son parti politique. Et qu'elle saisit la moindre occasion de s'opposer à lui depuis deux ans et demi. Quitte à se mêler de tous les dossiers. Ce qu'elle fait allègrement, le plus souvent au détriment de la cohérence de ses idées politiques.

Que Sylvie Goneau annonce sa décision de briguer la mairie de Gatineau en 2017 n'est donc pas une surprise en soi. Dans le petit milieu de la politique municipale, ses ambitions sont connues depuis longtemps.

La surprise réside dans le moment retenu pour le faire. Mme Goneau a choisi d'annoncer la décision la plus importante de sa carrière politique à 19 mois du scrutin, alors que l'attention des électeurs est retenue ailleurs. Pour ce qui est du momentum, c'est raté.

Qui plus est, elle a choisi de faire son annonce à la toute fin d'une conférence sur son vécu de politicienne qu'elle donnait au Salon de la femme, un samedi après-midi... alors que toutes les salles de nouvelles de la région tournaient au ralenti.

Dans les circonstances, Mme Goneau est chanceuse que des journalistes se soient déplacés pour la couvrir! Ça en dit long sur son incompréhension de la machine médiatique.

•••

Le bon côté de l'affaire, c'est que la sortie de Mme Goneau clarifie la situation au conseil municipal. En affichant ses intentions à la mairie, Mme Goneau pourra désormais critiquer en toute transparence les décisions du maire Pedneaud-Jobin et de son parti. 

Mais les médias l'auront désormais à l'oeil. La moindre incohérence, la moindre contradiction qui sortira de sa bouche, risque de faire la manchette. Elle aura droit au traitement d'une candidate à la mairie. Même si elle aime se retrouver sous les projecteurs, Mme Goneau risque de trouver le temps long d'ici à l'élection. Surtout que pour l'instant, l'aspirante à la mairie n'a pas grand-chose à proposer aux électeurs.

Il y a deux idées pour lesquelles on lui connaît une grande conviction: la cause féministe et sa farouche opposition aux partis politiques qui l'a conduite à fonder le RÉMI, un groupe de conseillers indépendants comme elle.

Pour le reste, c'est flou.

De toute manière, Mme Goneau ne s'en cache pas, elle n'a pas de plateforme électorale à proposer aux Gatinois pour l'instant. En attendant, elle leur suggère de découvrir Sylvie Goneau, la femme qui se cache derrière la politicienne. «La plateforme va suivre par la suite», a-t-elle dit à mon collègue Julien Paquette.

Cette déclaration résume peut-être le mieux la démarche politique de Sylvie Goneau. En mettant de l'avant ses qualités personnelles plutôt qu'un programme bien étayé, elle perpétue l'idée qu'une course à la mairie de Gatineau se résume à un concours de popularité entre les différents candidats. 

Mme Goneau se prête des qualités de leadership et un côté rassembleur qu'elle n'a jamais su démontrer de manière évidente pendant ses six années passées au conseil municipal. Les gens ne l'éliront pas sous le seul motif qu'elle est une femme. Il lui faudra un contenu, des idées, un programme. Plus, en tout cas, que de l'aversion pour le maire en place.

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