L'incertitude toxique des Mosaïcultures

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CHRONIQUE / La barre a été placée tellement haute dans le projet des Mosaïcultures internationales de Gatineau qu'on ne peut qu'être déçu aujourd'hui.

Mon collègue Mathieu Bélanger a appris que le financement fédéral sera de beaucoup inférieur aux attentes des promoteurs. Résultat: si jamais la célèbre exposition d'art horticole s'arrête à Gatineau, en 2017, ce sera sous une forme beaucoup moins spectaculaire qu'espérée.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a fait un gros show, en 2015, au moment d'annoncer son intention d'attirer la prestigieuse exposition d'art horticole à Gatineau. À entendre parler les partenaires à l'époque, les oeuvres florales allaient rameuter des centaines de milliers de visiteurs au parc Jacques-Cartier lors des fêtes du 150e de la Confédération.

L'enthousiasme ambiant était tel qu'on s'imaginait déjà Gatineau voler la vedette du 150e à sa voisine Ottawa, pourtant la capitale du pays.

Déjà, il était très clair que le projet des Mosaïcultures, évalué à 41 millions, dépendrait largement de la participation financière du gouvernement fédéral pour voir le jour.

Tous les acteurs semblaient convaincus qu'Ottawa allait appuyer le projet à cent milles à l'heure. À commencer par le maire Maxime Pedneaud-Jobin: «Ça va être difficile de dire non pour le fédéral», clamait-il.

Presque un an plus tard, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n'a toujours pas fait d'annonce officielle. Et à la lumière de nos informations, le maire a aujourd'hui l'air d'avoir péché par excès d'optimisme en pensant attirer chez lui une exposition de calibre international. 

***

Alors c'est certain, il s'en trouvera pour blâmer M. Pedneaud-Jobin. Et ce sera en partie mérité puisque le maire lui-même a contribué à hausser les attentes envers les Mosaïcultures, seul gros projet en lice à Gatineau pour se démarquer lors du 150e.

Mais ce serait aussi profondément injuste de le critiquer lui, et lui seul.

À l'exception de l'irréductible Mike Duggan, tout le conseil municipal s'était rangé derrière l'ambitieux projet. Et je trouve que le conseil municipal a eu raison de le faire.

Voilà des années que Gatineau cherche à s'émanciper, à sortir de l'ombre de sa voisine Ottawa. Pas pour rien que les électeurs ont réagi favorablement en 2013 à la promesse du maire Maxime Pedneaud-Jobin de redonner une voix forte à Gatineau.

Une prestigieuse exposition comme les Mosaïcultures donnerait corps à cette vision d'une grande métropole québécoise rassembleuse et identitaire. Avec le recul, le projet retenu était peut-être trop ambitieux. Mais au moins, Gatineau a sauté sur l'occasion qui se présentait pour tenter quelque chose.

***

Le plus frustrant de l'affaire demeure le silence de Mélanie Joly.

Pourquoi la ministre du Patrimoine canadien tarde-t-elle tant à annoncer ses couleurs? Depuis l'élection, elle a eu amplement le temps d'évaluer le projet. Chaque mois de retard qui s'ajoute compromet les chances d'offrir une exposition d'envergure à Gatineau.

À moins que ce soit le manque d'enthousiasme de Québec à contribuer financièrement qui explique les délais? Les députés libéraux provinciaux de l'Outaouais n'ont pas démontré, en public du moins, un réel engouement pour les Mosaïcultures. Est-ce le climat d'austérité qui refroidit leurs ardeurs?

Enfin, que se passe-t-il du côté des Mosaïcultures? L'organisation a l'habitude de placer la barre plus haute d'une exposition à l'autre. Acceptera-t-elle de présenter une version réduite à Gatineau?

Ces mois d'attente ont fini par créer un climat d'incertitude toxique. Il risque de provoquer des conflits inutiles et de nuire à la quête des commanditaires...

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