Les bons soldats libéraux

Dès qu'on questionne les libéraux de l'Outaouais sur... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Dès qu'on questionne les libéraux de l'Outaouais sur leurs intentions, ils se réfugient derrière de vagues échéanciers et des phrases creuses, dénonce notre chroniqueur.

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Jusqu'à maintenant, les libéraux de l'Outaouais n'ont pas livré grand-chose des promesses phares de la campagne électorale de 2014.

Mais qui va le leur reprocher?

Il ne reste plus grand monde pour leur demander des comptes dans la région, alors que les politiques d'austérité du gouvernement Couillard ont abattu plusieurs lieux de contre-pouvoirs.

Les conseils régionaux de développement, les CLD et les membres élus du conseil d'administration des hôpitaux ont disparu. La rigueur budgétaire a affaibli la voix des organismes communautaires. Même l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais, si active jadis, se fait discrète.

Qui reste-t-il pour donner la réplique aux libéraux?

Déjà qu'il n'y a aucun député de l'opposition dans la région pour les talonner et les obliger à répondre de leurs engagements. Bien souvent, c'est la presse locale qui agit comme chien de garde et pose les questions embêtantes à la députation libérale.

C'est vrai, de temps à autre, les partis d'opposition flairent l'odeur de la controverse et débarquent en Outaouais. Le chef caquiste François Legault l'a fait la semaine dernière.

Autrement, le caucus libéral de l'Outaouais a les coudées franches pour mener ses affaires comme il l'entend. Il fait avancer les dossiers régionaux à son rythme, sans trop bousculer l'agenda de son gouvernement à Québec.

Or le plan des deux dernières années, c'était la rigueur budgétaire. Presque tout le reste est allé dans la file d'attente. 

Au lieu de la faculté de médecine, de la superclinique et du statut particulier en éducation promis par les libéraux, l'Outaouais a eu droit, comme le reste du Québec, à des compressions dans ses écoles, dans ses garderies et dans ses hôpitaux déjà exsangues.

Deux ans après l'élection de Philippe Couillard, l'Outaouais en est là, encore sonnée par cette vague de rigueur budgétaire que les libéraux n'avaient pas clairement annoncée durant l'élection.

***

En entrevue, la ministre régionale Stéphanie Vallée nous invite à «regarder devant».

Le retour à l'équilibre budgétaire a dégagé des marges de manoeuvre qui laissent entrevoir un avenir meilleur pour l'Outaouais, dit-elle. 

Sauf que cet appel à tourner le regard vers l'avenir est un moyen commode d'éviter de revenir sur deux années difficiles, autant pour elle que pour son gouvernement.

La nomination de Stéphanie Vallée à la tête du prestigieux ministère de la Justice avait suscité un vent de fierté en Outaouais. Or les plus récentes rumeurs en provenance de Québec laissent entendre qu'elle perdrait son poste après son récent faux pas dans le dossier du mariage religieux.

Quant à son gouvernement, qui devait voguer en eaux plus tranquilles après le dernier budget, il navigue en pleine tempête depuis l'arrestation de l'ex-ministre Nathalie Normandeau et l'affaire Sam Hamad.

***

La ministre Vallée nous demande de regarder «devant». Mais qu'y a-t-il à voir?

Dès qu'on questionne les libéraux de l'Outaouais sur leurs intentions, ils se réfugient derrière de vagues échéanciers et des phrases creuses.

La faculté de médecine? La ministre Vallée refuse d'avancer une date de réalisation, laissant entendre que le dossier se bute à des embûches administratives. Et alors? Il n'y a rien comme un peu de volonté politique pour décrasser la bureaucratie.

Le statut particulier en éducation? Les députés Maryse Gaudreault et Marc Carrière n'hésitent plus à dire que le statut s'accompagnera d'argent frais. Plus prudente, la ministre Vallée ne s'avance ni sur un montant ni sur un échéancier.

Jusqu'ici, les députés de l'Outaouais ont défendu comme de fidèles soldats les politiques de rigueur de Philippe Couillard. Maintenant que le pire est passé, il est temps qu'ils précisent leurs engagements envers l'Outaouais et les défendent à Québec. Ça fait aussi partie de leur rôle.

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