Trop faciles à oublier

Mais malgré la bonne volonté de tous les... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Mais malgré la bonne volonté de tous les acteurs impliqués, je suis convaincu que Gatineau perdra quelque chose au change avec la disparition du campement.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Il s'en trouvera pour applaudir la fermeture du camping des itinérants près du ruisseau de la Brasserie à Gatineau. Pas moi.

Oui, le campement était malpropre, surpeuplé et faisait désordre. À la fin, il y régnait aussi un climat de violence malsaine qui faisait craindre le pire aux autorités. Je veux bien admettre que, dans les circonstances, il était impossible de poursuivre l'expérience pilote amorcée il y a deux ans - du moins sous sa forme actuelle.

Mais malgré la bonne volonté de tous les acteurs impliqués, je suis convaincu que Gatineau perdra quelque chose au change avec la disparition du campement.

Le spectacle de sans-abri campant sur les bords du ruisseau n'était certainement pas la meilleure publicité pour l'image de Gatineau.

Il reste que ce tableau pas toujours réjouissant nous ramenait dans la face une vérité incontournable. La pauvreté existe, même dans une ville aussi riche que la nôtre. Certains voyaient un scandale dans le fait qu'on laissait exister au grand jour un tel campement en plein centre-ville de Gatineau.

Le plus choquant n'était pourtant pas qu'on puisse contempler le spectacle de la misère humaine en roulant sur l'autoroute 50.

La véritable honte, c'est qu'une telle pauvreté prolifère chez nous!

Le plus troublant, c'est qu'on ferme le campement sans avoir la moindre idée de comment on gérera le dossier par la suite.

L'itinérance n'a pas disparu en même temps que les tentes des sans-abri. Le campement avait ceci de bon qu'il plaçait la pauvreté et la misère dans le collimateur des politiciens de tout acabit.

Pendant deux ans, le spectacle dérangeant des itinérants squattant un terrain municipal obligeait les autorités à s'intéresser à leur sort. Maintenant que la Ville de Gatineau a refilé la patate chaude au Centre intégré de la santé et des services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), la question de l'itinérance a toutes les chances de disparaître des écrans radars.

Il s'en trouve beaucoup pour jeter le blâme sur Gatineau et sur le maire Maxime Pedneaud-Jobin pour avoir permis l'existence du campement sous la forme d'un projet-pilote.

L'autre manière de voir les choses, c'est de constater que la Ville a compensé l'inaction de Québec dans ce dossier.

C'est un fait, le gros ministère québécois de la Santé a davantage les moyens et les ressources pour faire face à un problème aussi complexe que l'itinérance.

Si jamais il y a de l'argent pour mettre en place de l'hébergement transitoire pour les itinérants à Gatineau, c'est de Québec qu'elle viendra, pas de la Ville.

Le bon côté de l'affaire, c'est que le CISSSO aurait répondu à l'appel en promettant de faire preuve de leadership dans ce dossier.

Excellent.

Sauf que le CISSSO est une immense machine. Il a beaucoup de chats à fouetter, des urgences débordées à la pénurie de médecins...

Quelle place les itinérants trouveront-ils dans cet agenda fort chargé? C'est à voir. À condition qu'on en sache quelque chose.

Parce que maintenant que le campement des itinérants n'est plus là pour nous rappeler leur triste réalité, il y a toutes les chances qu'on les oublie de nouveau.

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