Encore plus de pouvoirs pour Barrette

Depuis 10 ans, Robert Salois joue le rôle de... (Jacques Boissinot, Archives PC)

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Depuis 10 ans, Robert Salois joue le rôle de chien de garde de la santé au Québec, en jetant un éclairage cru et précis sur la performance du système.

Jacques Boissinot, Archives PC

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CHRONIQUE / Qu'est-ce qu'on apprenait dans le dernier rapport régional du commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois?

Que l'Outaouais est la région avec le taux de mortalité hospitalière le plus élevé de la province, une donnée pour le moins préoccupante.

Que la région est championne toute catégorie pour ce qui est des chirurgies de la hanche et de la cataracte. Et la deuxième région au Québec pour les chirurgies du genou.

Le dernier rapport Salois confirmait aussi ce que tout le monde sait déjà: que l'Outaouais demeure en queue de peloton pour ce qui est du nombre de médecins et d'infirmières au prorata de la population.

Ce n'est qu'un aperçu de ce que contiennent habituellement les rapports étoffés, souvent critiques, du commissaire Salois. 

Depuis 10 ans, il joue le rôle de chien de garde de la santé au Québec, en jetant un éclairage cru et précis sur la performance du système de santé.

Un regard indépendant et critique, puisque le commissaire Salois et son équipe travaillaient en marge du système de santé.

Or qu'apprenait-on cette semaine?

Que le poste du commissaire vient d'être aboli en catimini par le ministre Gaétan Barrette. Quant à son équipe de recherche, elle perdra son indépendance pour tomber sous la coupe du ministère de la Santé. 

Mine de rien, le ministre Barrette vient donc de concentrer encore un peu plus de pouvoirs au sein de son puissant ministère.

C'est préoccupant dans la mesure où depuis le début de cette réforme du projet de loi 10, il y a de moins en moins de voix indépendantes au Québec pour donner la réplique aux décisions du ministre Barrette.

Les études et les rapports du commissaire Robert Salois n'épargnaient rien ni personne lorsqu'il s'agissait de mesurer la performance des programmes et des politiques gouvernementales.

Certains rapports régionaux particulièrement percutants ont mis sur la sellette la députation de l'Outaouais en identifiant des lacunes dans la gestion du système de santé.

Les rapports du commissaire donnaient aux journalistes des munitions pour aller au front et forcer les politiciens et les gestionnaires du réseau à fournir de vraies réponses.

L'opposition a dénoncé avec raison la disparition d'un tel mécanisme indépendant de reddition de comptes et d'imputabilité. 

Surtout que son budget d'exploitation de 2,5 millions de dollars est relativement modeste.

D'une certaine manière, le travail du commissariat aurait permis d'évaluer de manière indépendante les résultats de la réforme Barrette sur la réorganisation des soins de santé...

La disparition du commissariat n'entraînera pas nécessairement la perte d'une tonne d'indicateurs de performance utiles sur la rémunération des médecins, les urgences ou l'hébergement des personnes âgées.

Mais alors que le commissaire Salois n'hésitait pas à rendre public le résultat de ses recherches, il faudra voir si ministère de la Santé y mettra autant d'empressement. Surtout si les indicateurs ne sont pas à la hauteur de ses attentes.

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