Du statut au financement particulier

Les libéraux, obnubilés par leur engagement de livrer... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Les libéraux, obnubilés par leur engagement de livrer une faculté de médecine à l'Outaouais, oublient que celle-ci ne fonctionnera pas en vase clos. Sur la photo, la ministre responsable de la région, Stéphanie Vallée.

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, peut bien nourrir de grands projets pour développer son université, il ne pourra accomplir de miracles sans l'aide financière de Québec.

Il faut reconnaître à M. Harrisson un franc-parler qui l'honore. Le recteur répond aux questions sans détour, une qualité pas si répandue de nos jours parmi les titulaires de charge publique.

Ainsi, M. Harrisson n'hésite pas à mettre sur la sellette le gouvernement libéral qui a accordé un statut particulier en éducation à l'Outaouais - sans toutefois y rattacher le moindre montant.

Aux yeux du recteur, c'est pourtant clair : le statut particulier de l'Outaouais devra fatalement s'accompagner, un jour ou l'autre, d'un « financement particulier » pour devenir autre chose qu'une simple profession de foi envers la cause de l'enseignement supérieur.

Or jusqu'ici le gouvernement libéral montre peu d'empressement à répondre aux doléances de l'UQO qui évalue à 30 millions ses projets d'agrandissement.

La précarité des finances publiques du Québec y est pour quelque chose, même si le budget Leitão devrait permettre aux universités de souffler un peu après deux années de compressions.

En Outaouais, c'est toutefois beaucoup plus le projet de faculté de médecine qui semble reléguer au second plan les projets d'expansion de l'UQO.

Ces jours-ci, Québec se montre plus pressé de coopérer avec l'Université McGill afin de réaliser au plus vite sa promesse d'une faculté de médecine au-dessus de l'urgence de l'hôpital de Gatineau. Le projet serait évalué à 45 millions.

Partenaire des discussions au départ, l'UQO ne fait plus partie du projet de McGill depuis deux ans. Une décision qui a été difficile à avaler, mais que l'université régionale a fini par accepter, admet M. Harrisson.

Il ne se trouvera pas grand monde dans la région pour contester l'urgence de former de nouveaux médecins en Outaouais. Entre une nouvelle faculté de médecine et une nouvelle faculté des arts, la priorité ne fait aucun doute.

En même temps, c'est étrange de constater que Québec, l'UQO et McGill ne travaillent pas main dans la main dans le projet de faculté de médecine.

Avec raison, l'UQO se plaint depuis des années d'un sous-financement chronique qui l'empêche de se réaliser pleinement et de sortir de l'ombre de l'Université d'Ottawa où s'inscrivent chaque année des milliers d'étudiants de l'Outaouais.

Arrivée sur le tard dans le réseau des universités du Québec, l'UQO n'a jamais pu avoir sur sa région d'adoption le même impact que ses consoeurs ont eu dans les régions de Rimouski, Trois-Rivières ou Chicoutimi.

L'ouverture d'une faculté de médecine à Gatineau serait pour l'UQO une occasion en or de développer toute une gamme de programmes en sciences, une de ses principales lacunes, et de passer à un niveau supérieur d'enseignement.

De ce point de vue, le recteur Harrisson ne manque pas d'idées. Il propose d'offrir une formation prémédicale, des cours d'anatomie, de nutrition, de biologie moléculaire, etc. en complément avec la formation qui sera offerte par McGill.

Le danger, c'est que les libéraux, obnubilés par leur engagement de livrer une faculté de médecine à l'Outaouais, oublient que celle-ci ne fonctionnera pas en vase clos.

Durant leur formation, les futurs étudiants en médecine devront collaborer avec toute une gamme de professionnels de la santé, nutritionnistes, pharmaciens, physiothérapeutes...

Tous ces professionnels de la santé, c'est l'UQO qui devra les former. Les libéraux ont intérêt à ne pas l'oublier.

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