Le bras long de la justice

Nathalie Normandeau... (Archives, Le Soleil)

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Nathalie Normandeau

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CHRONIQUE/ L'arrestation de Nathalie Normandeau nous rassure sur au moins une chose: personne n'est à l'abri de la justice, pas même l'ex-vice-première ministre du Québec.

Bien sûr, ça fait un choc de savoir qu'une ancienne vedette du gouvernement de Jean Charest est arrêtée un beau matin, à son domicile, pour fraude, abus de confiance et corruption.

Toute la classe politique, qui n'a déjà pas la cote auprès de la population en général, s'en trouve éclaboussée.

En même temps, il y a quelque chose de confortant à voir la justice capable de ferrer les présumées têtes dirigeantes d'une sale combine destinée à gagner des élections avec la complicité d'entrepreneurs véreux.

Après la commission Gomery sur le scandale des commandites, on commençait déjà à avoir l'impression que ces grandes séances publiques de lavage de linge sale ne débouchaient sur rien d'autre que l'arrestation de quelques exécutants.

Le rapport de la commission Charbonneau est venu renforcer cette idée en évitant de blâmer d'anciens membres en vue du Parti libéral du Québec - pourtant mentionnés explicitement lors des auditions. 

À tort ou à raison, les gens se sont confortés dans l'idée que les politiciens de haut niveau jouissent d'une totale impunité et peuvent fourrer le système comme bon leur semble sans jamais se faire prendre.

S'il y a quelque chose de profondément dommageable pour une démocratie, c'est bien cette impression qu'il y a deux classes de citoyens, ceux qui doivent respecter les lois et ceux qui sont au-dessus d'elles...

L'arrestation de l'ancienne numéro 2 du gouvernement Charest et de ses présumés complices devrait donc en rassurer plusieurs. Apparemment, plus personne au Québec n'est au-dessus des lois.

S'il y a quelque chose à regretter, c'est qu'il aura fallu des enquêtes journalistiques pour forcer l'ancien gouvernement de Jean Charest à créer la commission Charbonneau, puis l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Jusqu'à jeudi, il s'en trouvait d'ailleurs pour douter de l'indépendance réelle de l'UPAC vis-à-vis du gouvernement, tellement son bilan s'était essentiellement limité à l'arrestation de menu fretin.

Il aura fallu dépenser des millions pour la commission Charbonneau, en plus d'une enquête marathon de quatre années et demie pour rassembler des preuves assez solides pour tenir le coup devant les tribunaux.

Tout cela, il est vrai, a coûté extrêmement cher. Mais c'est peut-être le prix à payer pour déjouer des stratagèmes qui mettent en péril les principes mêmes de la démocratie, comme le soulignait le grand patron de l'UPAC, Robert Lafrenière.

En traduisant les présumés criminels devant les tribunaux, on fait plus que rendre justice. On innocente du même coup la grande majorité des élus municipaux et provinciaux qui font leur boulot en toute honnêteté.

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