Le prix humain à payer

Des centaines d'élèves de la CSD qui risquent... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Des centaines d'élèves de la CSD qui risquent d'être barouettés d'une école à l'autre, à compter de 2017-2018, en raison du manque de place dans les classes.

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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CHRONIQUE/ Tout ce branle-bas de combat à la Commission scolaire des Draveurs (CSD) nous rappelle qu'il y a un prix humain à payer quand une ville se développe à toute vitesse.

La folle croissance démographique de Gatineau met à rude épreuve les infrastructures scolaires. Au point où la CSD prévoit qu'il manquera plus de 800 places dans ses écoles d'ici 2020 pour combler tous les besoins.

C'est énorme!

Le développement à tout crin des dernières années a créé le trou de beigne caractéristique de l'étalement urbain parmi les écoles de la CSD.

Pendant que les écoles du centre de Gatineau se vident, le besoin pour de nouvelles places se fait cruellement sentir dans les nouveaux quartiers en périphérie, notamment près de l'aéroport et à Val-des-Monts.

Tout cela a des impacts sur les enfants, leurs parents... et l'environnement.

Certains élèves, qui demeurent à distance de marche de leur école, ne peuvent la fréquenter parce qu'elle est remplie au maximum de sa capacité. Ils doivent prendre l'autobus pour aller à une autre école, loin de chez eux. Et tant pis pour le combat au gaz à effet de serre...

***

Le plus ahurissant, comme toujours, c'est de réaliser que la Ville de Gatineau a autorisé le développement de nouveaux quartiers sans pour autant prévoir des terrains pour les nouvelles écoles primaires.

Même si les commissions scolaires et la Ville de Gatineau servent les mêmes contribuables, ils ne dansent pas toujours le tango ensemble lorsque vient le temps de planifier de nouvelles écoles.

Au contraire, les négociations pour la cession ou l'échange d'un terrain sont souvent longues et compliquées.

Pourtant, une ville a tout intérêt à situer les écoles en plein coeur d'un nouveau quartier, à distance de marche de la plupart des résidences.

Des élèves marcheurs, c'est bon pour la santé, c'est bon pour l'environnement, en plus de mettre de la vie dans un quartier. Et ça coûte moins cher de transport scolaire.

***

La bonne nouvelle, c'est que Gatineau a appris de ses erreurs et qu'elle a modifié son schéma d'aménagement en conséquence.

Désormais, les plans des nouveaux quartiers de Gatineau prévoiront des espaces pour de nouvelles écoles - comme c'est le cas dans la ville voisine d'Ottawa.

C'est un pas dans la bonne direction même s'il faudra sans doute quelques années pour ressentir les bienfaits de la mesure.

Tout n'est pas réglé puisque la Ville de Gatineau ne s'est pas engagée pour autant à céder des terrains aux fins d'école aux commissions scolaires - comme c'est le cas dans certaines villes.

Les deux parties continueront à négocier des ventes ou des échanges de terrain, ce qui prend du temps. 

***

Tout le débat qui fait rage au conseil municipal à propos des frais de croissance aura aussi une incidence sur les négociations entourant la construction de nouvelles écoles primaires.

Chaque fois que le conseil municipal tente de mieux planifier son développement en imposant de nouvelles obligations aux constructeurs, il se bute à une résistance farouche.

C'est vrai, une ville comme Gatineau ne se bâtit pas en un jour. Mais il y a un prix à payer quand on tarde à construire les écoles ou les parcs qui doivent accompagner les nouveaux quartiers.

Cette fois-ci, c'est quelques centaines d'élèves de la CSD qui risquent d'être barouettés d'une école à l'autre, à compter de 2017-2018, en raison du manque de place dans les classes.

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