Être malade dans la dignité

Mauril Bélanger lors de son entrée au Parlement... (Photo Étienne Ranger, Le Droit)

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Mauril Bélanger lors de son entrée au Parlement mercredi, lorsqu'il a pu réaliser son rêve de présider les débats à la Chambre des communes.

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CHRONIQUE/ Considérant la gravité de sa maladie, Mauril Bélanger aurait toutes les raisons du monde de lâcher prise et de s'occuper de lui-même et de ses proches.

Au lieu de cela, le député d'Ottawa-Vanier semble déterminé à servir ses concitoyens le plus longtemps possible.

Au vu des limitations que lui impose la maladie de Lou Gehrig, c'est admirable. Il est un exemple de courage et de détermination.

J'ai bien aimé qu'on lui permette de réaliser son rêve malgré ses incapacités physiques.

M. Bélanger a présidé la période des questions à la Chambre des communes, mercredi, une ambition qu'il caressait depuis longtemps.

Même s'il se déplace en marchette et est incapable de parler, M. Bélanger continue de participer à la vie politique dans la mesure de ses moyens.

Je trouve que dans notre monde, où on mesure trop souvent la dignité d'un être humain à sa capacité de production et à sa vitalité, il y a là un signal puissant.

Si on faisait davantage de place à ceux qui déclinent dans notre société, au lieu de les parker dans des hôpitaux et dans des foyers de personnes âgées, certains auraient peut-être moins envie de quitter ce monde.

Au Canada, on discute ces jours-ci de l'aide médicale à mourir. Avec, en toile de fond, le droit de mourir dans la dignité. À mes yeux, et je l'ai déjà écrit, ce débat en occulte un autre: celui de vieillir dans la dignité.

Le cas de M. Bélanger me pousse à ajouter qu'il faudrait aussi réfléchir au droit d'être malade dans la dignité.

C'est loin d'être acquis dans une société hypermédicalisée comme la nôtre, où le seul fait d'être malade est considéré comme une anomalie contre-productive.

En regardant les images de M. Bélanger, les épaules courbées sur sa marchette, se diriger lentement vers le siège de président de la Chambre des communes, j'ai vu comme tout le monde, avec beaucoup de tristesse, la déchéance d'un homme qui était encore dans la force de l'âge, il y a de cela si peu de temps.

Mais comme ceux qui l'applaudissaient dans le grand hall, j'ai aussi vu un homme extraordinairement digne. Et si Mauril Bélanger a pu lui-même éprouver dignité et fierté, c'est parce qu'on lui a donné la chance de continuer à contribuer, même gravement malade, à notre vie en société.

Il y a là une grande leçon, je trouve, considérant que nous passerons tous un jour ou l'autre par le chemin qu'emprunte ces jours-ci Mauril Bélanger.

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