Il n'y a pas que le sucre

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CHRONIQUE/ Le sucre, toujours le sucre.

Dès qu'il est question de combattre l'obésité galopante au Canada, c'est aux glucides qu'on déclare la guerre.

C'est ce que vient de faire ce comité sénatorial à Ottawa dans un rapport-choc rendu public mardi.

Il exhorte, entre autres choses, le gouvernement Trudeau à instaurer une taxe sur les boissons sucrées et à revoir de fond en comble le Guide alimentaire canadien.

Même le bon jus de fruits que nous recommandait si chaudement Santé Canada tombe en disgrâce. Trop sucré! Le voilà relégué au rang d'une vulgaire «boisson gazeuse sans bulles».

Le pauvre citoyen est sans cesse bombardé d'informations contradictoires sur ce qui est bon à manger ou non. Sans compter toutes ces études, plus ou moins crédibles, qui prétendent que tel ou tel aliment donne le cancer.

Il y a de quoi y perdre son latin!

Qu'on se rappelle qu'à une certaine époque, le grand coupable de l'obésité était le gras.

Les ayatollahs de la santé publique exhortaient les gens à réduire leur consommation en lipides. Les gens ont mangé moins gras. Jusqu'à ce qu'on s'aperçoive, quelques années plus tard, que le pourcentage de gens souffrant d'excès de poids avait continué de grimper en flèche au Canada.

Les nouveaux coupables, ce sont le sucre et ces aliments préemballés, hautement transformés, qu'on consomme à la va-vite: nouilles instantanées, pizzas congelées, confiseries, boissons gazeuses, collations salées...

Le rapport n'hésite pas à parler d'une «crise de l'obésité au pays», qui coûterait entre 4,6 et 7,1 milliards par an en perte de productivité. Les maladies liées à l'obésité seraient, elles, à l'origine de 48 000 à 66 000 décès par année au Canada.

***

Mais bon, il n'y pas que le sucre dans la vie. Il y a aussi le manque d'activité physique qui explique l'obésité galopante. Un vaste problème que le rapport sénatorial ne fait que survoler.

Le document contient pourtant une statistique à vous jeter par terre: un Canadien adulte ne fait que 12 minutes d'exercice physique modéré ou vigoureux par jour.

Douze minutes!

C'est bien peu pour brûler les tonnes de calories qu'on ingurgite quotidiennement dans un pays «obésogène» comme le Canada.

Mais il y a pire.

Dans notre société obsédée par la sécurité, les enfants sont de moins en moins laissés libres de jouer dehors ou dans la cour d'école comme à une certaine époque.

Aujourd'hui, bien des parents freinent les ardeurs de leurs enfants, tout comme les écoles qui craignent des poursuites en cas de blessure dans la cour de récréation.

Cette obsession de la sécurité n'est pas sans fondement dans des villes modernes qui conçoivent parfois de nouveaux quartiers sans trottoirs, voire sans parc de voisinage...

Résultat, les enfants passent plus de temps à l'intérieur. À faire quoi, vous pensez?

C'est une autre statistique troublante du rapport: les enfants et les jeunes passent en moyenne de 38 à 42 heures par semaine les yeux rivés sur un écran de télé, d'ordinateur ou de tablette électronique.

Pour l'instant, les experts font peu de cas de la sédentarité des Canadiens, jugeant qu'elle ne constitue pas la principale cause de la hausse du taux d'obésité au pays.

Mais c'est une donnée qui pourrait changer rapidement dans un pays où les enfants grandissent en bottant des ballons virtuels sur un écran d'ordinateur plutôt qu'en grimpant à de vrais arbres.

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