Le seuil critique

Marc Bureau et Maxime Pedneaud-Jobin... (Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit)

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Marc Bureau et Maxime Pedneaud-Jobin

Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit

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CHRONIQUE/ Le taux de satisfaction à l'endroit du maire Maxime Pedneaud-Jobin a chuté de presque 6 points en un an. Sans être une catastrophe, c'est un signal clair que la patience de la population approche de son seuil critique.

Les Gatinois ont soif de résultats concrets, deux ans et demi après avoir élu un maire qui avait placé la barre haute. M. Pedneaud-Jobin avait promis de leur donner une voix forte et de mettre fin à l'indécision qui a marqué le règne de son prédécesseur Marc Bureau.

Or de toute évidence, le message voulant qu'il ne se passe rien à Gatineau depuis deux ans fait mal à un candidat du changement comme M. Pedneaud-Jobin. 

Le travail de sape de ses adversaires dans les dossiers très controversés, comme l'avenir des Olympiques et les tours de Brigil, lui rentre dans le corps. Dans les deux cas, le maire s'est retrouvé coincé à bloquer des projets sans pouvoir offrir de solutions de rechange immédiates.

La situation n'est pas catastrophique pour le maire Pedneaud-Jobin. Avec un taux de satisfaction de 62%, il profite encore d'un appui appréciable au sein de la population. Mais il n'a pas de quoi pavoiser. Avec seulement 11% de répondants «très satisfaits», ses appuis sont friables. Sa cote de popularité pourrait rapidement basculer d'un bord ou de l'autre, au gré des événements de l'actualité.

Pourtant, on ne peut pas reprocher à Maxime Pedneaud-Jobin de renier ses promesses. Il fait ce qu'il a dit qu'il ferait.

On le voit régulièrement à Québec, auprès des maires des autres grandes villes, à défendre des dossiers qui lui tiennent à coeur comme les frais de croissance ou l'immigration. Il sera bientôt chef d'une mission économique aux États-Unis, une chose qu'on n'a pas vue depuis le mandat d'Yves Ducharme.

Il y a aussi cette réforme de l'urbanisme qui s'est imposée à la suite de la saga du 79, rue Fraser.

***

Mais toutes ces démarches passent largement inaperçues du public. Pour le citoyen moyen, la politique municipale n'est qu'un lointain bruit de fond. Il ne s'y intéresse que lorsque des décisions touchent directement son quotidien.

Et dans l'ensemble, peu de choses ont changé dans le quotidien des Gatinois. Comme avant, les taxes augmentent au rythme de l'inflation, les poubelles continuent d'être ramassées aux deux semaines, les nids-de-poule poussent dans les rues au printemps...

Pas étonnant que plus de 40% des répondants à notre sondage ont l'impression que Maxime Pedneaud-Jobin et Marc Bureau, c'est du pareil au même. Qu'on a changé quatre trente sous pour une piastre!

La politique municipale a ceci d'ingrat que lorsque ça va mal, tout est de la faute du maire.

Les ratés du déneigement avant les fêtes et la trop généreuse «prime de transition» accordée à l'ex-conseiller Stéphane Lauzon après son saut dans l'arène fédérale ont pu lui coûter des appuis, même si le maire a eu peu à voir avec les décisions prises dans ces deux dossiers.

La morosité de l'économie renforce cette impression qu'il ne se passe plus rien à Gatineau. Même si Marc Bureau manquait de leadership, son règne a été marqué par de grands chantiers: le centre sportif, les Jeux du Québec, le Rapibus... Les citoyens avaient l'impression que les choses bougeaient.

Les choses évoluent rapidement en politique. Un dénouement heureux dans le dossier de l'aréna Guertin ou l'obtention d'une subvention fédérale pour la tenue des Mosaïcultures en 2017 suffiraient à redorer rapidement le blason du maire Pedneaud-Jobin.

Dans tous les cas, les mois qui viennent seront déterminants pour son administration.

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