Pas de raccourci possible

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L'empressement de la mairesse Madeleine Brunette à se lancer dans l'aventure en laisse plusieurs songeurs.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / La Ville de Cantley prendrait un très gros risque en s'engageant seule dans la construction d'un nouveau centre communautaire de 13,5 millions.

Tout le monde s'entend dans la municipalité sur le besoin de se doter de meilleures infrastructures de loisirs. Mais l'empressement de la mairesse Madeleine Brunette à se lancer dans l'aventure en laisse plusieurs songeurs.

Les municipalités voisines de Chelsea, Wakefield et Masham ont toutes obtenu des subventions provinciales avant de construire leurs centres communautaires.

Le conseil municipal de Cantley a opté pour une autre voie en décidant que la population assumerait seule les coûts de construction du bâtiment. 

Plus étrange encore, la mairesse Brunette n'a même pas pris la peine de loger une demande de subvention auprès du gouvernement du Québec, jugeant que c'était peine perdue dans le contexte actuel d'austérité.

S'il n'en tient qu'à la mairesse Brunette, les travaux iront de l'avant dès cet été grâce à un règlement d'emprunt de 12,5 millions.

C'est donc dire que Cantley emprunterait une somme équivalant à la valeur de son budget municipal de 13 millions - un pari pour le moins risqué!

Dans les faits, les contribuables de Cantley se retrouveraient à assumer une facture supplémentaire d'environ 200$ par année, pendant 20 ans, pour couvrir les coûts de leur nouveau centre communautaire et multifonctionnel.

La municipalité ne roule pourtant pas sur l'or. Lors de son dernier budget, le conseil municipal de Cantley a décrété un gel des taxes pour conserver sa compétitivité fiscale avec les villes avoisinantes.

Comment expliquer que ce même conseil, quelques mois plus tard, soit prêt à alourdir le fardeau fiscal de ces mêmes contribuables de 200$ supplémentaires pour couvrir les coûts du centre multifonctionnel?

Qu'on le veuille ou non, ce genre de gros projet met du temps à mûrir. Il n'y a pas de raccourci possible. Ça ne se fait pas en deux ou trois ans. Les élus doivent prendre le temps de bâtir un consensus solide autour du projet.

Or à en juger par le mouvement qui s'organise pour s'opposer au règlement d'emprunt, pas sûr que le consensus souhaitable est atteint.

Il se trouve des citoyens pour dire que le projet est trop gros pour une municipalité de la taille de Cantley, que les gymnases projetés ne répondent pas réellement aux besoins de la population.

Nulle part dans les documents fournis par la municipalité je n'ai vu une estimation des coûts d'exploitation associés au futur édifice. Et pourtant, on veut aller de l'avant avec la construction dès le mois de juillet.

La mairesse Brunette compte sur la croissance de la population, au cours des prochaines années, pour répartir le fardeau fiscal sur un plus grand nombre de contribuables.

Si l'Outaouais continue de croître au même rythme effréné que ces dernières années, la logique de la mairesse se tient jusque dans une certaine limite. Mais encore là, il y a une part d'incertitude dans ce calcul.

L'empressement de l'administration Brunette est difficile à expliquer.  La ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, affirme que des programmes pourraient s'appliquer au projet des Cantléens. 

Qu'est-ce qui presse au point de ne pas au moins sonder le terrain du côté de Québec pour obtenir une subvention?

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