Procéder à l'envers

C'est bien beau de se fixer des objectifs... (Alain Roberge, Archives La Presse)

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C'est bien beau de se fixer des objectifs ambitieux, mais fixer une cible sans plan d'action, c'est procéder à l'envers, estime notre chroniqueur.

Alain Roberge, Archives La Presse

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CHRONIQUE / Alors non, je ne suis pas d'accord avec David Chernuschenko.

C'est bien beau de se fixer des objectifs ambitieux comme la Ville d'Ottawa souhaite le faire en matière de lutte aux changements climatiques.

Et le conseiller Chernuschenko, un environnementaliste notoire, a raison d'insister sur la nécessité d'agir sans attendre alors que les effets du réchauffement climatique s'accélèrent sur la planète.

Mais quand il prétend qu'on peut se fixer une cible sans attendre le plan d'action qui vient avec, je ne le suis plus. C'est procéder à l'envers. De l'autre côté de la rivière, à Gatineau, cette stratégie s'est conclue par un échec retentissant.

D'après la proposition entérinée mardi par le comité de l'environnement (présidé par M. Chernuschenko), la Ville d'Ottawa visera une réduction de 80% des émissions de GES d'ici 2050. Est-ce réaliste ou pas?

Tout le problème est là. À partir du moment où il n'y a pas de plan d'action associé à cet objectif, il n'y a pas de moyen de le savoir. 

L'absence de plan d'action n'embarrasse pas M. Chernuschenko. Il semble plus préoccupé par le désir de vite mobiliser la population autour de la cause environnementale qu'autre chose.

C'est vrai qu'il y a un engouement pour la lutte aux changements climatiques depuis l'entente historique survenue à la Conférence de Paris, l'automne dernier. Il est tentant de surfer sur cette vague de fond, entretenue au Canada par l'élection du gouvernement de Justin Trudeau.

L'ennui, c'est que l'exercice risque de s'avérer contre-productif si la cible s'avérait trop ambitieuse. En ratant l'objectif, la crédibilité de la capitale dans la lutte aux changements climatiques en prendrait pour son rhume. Sans compter le risque de démobiliser une partie de la population.

Gatineau a appris à ses dépens ce qu'il en coûtait de vouloir aller trop vite. Sous la gouverne de Marc Bureau, un maire vert, la métropole de l'Outaouais s'était donné l'objectif de réduire ses émissions de GES de 15% entre 2009 et 2015.  Gatineau a raté la cible, et pas à peu près. Au lieu de chuter, les émissions ont augmenté de 19,3% durant cette période.

Le vérificateur général Alain Girard a disséqué les raisons de cet échec. Dans un rapport percutant, il a pointé l'absence d'un plan d'action clair, le manque de suivi, l'ignorance des coûts associés à la réduction des GES, le manque de mobilisation des employés municipaux et de la population en général.

L'image de Gatineau, la ville verte par excellence, en a pris un sacré coup. Avant de se lancer dans les mêmes ornières, la Ville d'Ottawa devrait y réfléchir à deux fois.

***

Des lecteurs me reprochent d'avoir parlé trop vite dans le cas de Claude Jutra.

Au contraire, je ne changerais pas un mot à ma chronique de mercredi. Je persiste et signe: il faut des preuves solides pour accuser quelqu'un de pédophilie. Il ne suffit pas d'allégations glissées dans une biographie.

Le bon côté, c'est que le tapage médiatique a poussé une présumée victime à se confier, sous le couvert de l'anonymat, à un journaliste de La Presse. Maintenant que de fortes présomptions éclatent au grand jour, il faut une enquête policière pour faire la lumière là-dessus.

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