Trop de blablabla

CHRONIQUE / C'était quoi, encore, la priorité de ce conseil municipal? Ah oui,... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / C'était quoi, encore, la priorité de ce conseil municipal? Ah oui, la revitalisation du centre-ville de Gatineau.

Alors, disons que cette «étude de positionnement» de Vision Centre-ville, incomplète, en retard d'un an et inutilement verbeuse, envoie un signal pour le moins contradictoire à la population.

À la veille d'investir 32 millions$ au centre-ville, le conseil municipal misait sur cette étude pour alimenter sa réflexion sur l'identité à donner à son centre-ville et sur les moyens de le faire rayonner.

Or là-dessus, l'étude faillit à la tâche.

Le problème n'est pas tant l'idée avancée par Vision Centre-ville, un organisme dirigé par Stefan Psenak, ex-conseiller municipal et cofondateur d'Action Gatineau, le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Au contraire, cette proposition de bâtir un quartier créatif autour de la Place Aubry, à l'image du quartier des spectacles à Montréal, est tout à fait valable et mérite qu'on s'y attarde. Tout comme cette idée de créer une corporation à but non lucratif pour harmoniser la programmation culturelle au centre-ville.

L'ennui, c'est que cette «étude de positionnement» de 105 pages contient 95 pages de trop. Il y a trop de blablabla là-dedans, et pas assez de chiffres, de faits et de données objectives. C'est à se demander si les auteurs de l'étude n'ont pas voulu masquer l'absence de contenu par une logorrhée de formules toutes faites.

Le protocole d'entente avec la Ville de Gatineau était pourtant clair. Vision Centre-Ville devait livrer un modèle d'affaires, un cadre financier et des indicateurs de performance. Bref, des données solides pour alimenter une réflexion en profondeur sur la pertinence de créer un quartier créatif à Gatineau.

Mais il n'y avait rien de tout cela dans l'étude qui a été présentée à huis clos aux élus du conseil municipal la semaine dernière.

Si bien qu'au lieu de débattre du fond, on discute de la forme.

Au lieu de s'interroger sur la pertinence de créer un quartier créatif à Gatineau, on se demande si des fonds publics n'ont pas été dilapidés dans une étude faite à moitié.

Le plus troublant, c'est qu'on n'aurait peut-être rien su du contenu de cette étude si mon collègue Mathieu Bélanger n'avait pas mis la main sur le document grâce à une source bien informée.

C'est à se demander combien d'études, parmi toutes celles commandées par la Ville chaque année, sont aussi incomplètes que celle de Vision Centre-ville.

Comme la Ville de Gatineau refuse systématiquement de divulguer toute étude qui n'a pas d'abord été officiellement déposée au conseil municipal, il n'y a pas moyen de le savoir.

Il y a là matière à réflexion pour l'administration Pedneaud-Jobin qui se targue d'être un modèle de transparence.

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