«Nous n'avons fait que notre job...»

Les membres du personnel de sécurité du parlement... (Justin Tang, PC)

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Les membres du personnel de sécurité du parlement ont reçu lundi une médaille des mains du gouverneur général David Johnston pour saluer leur bravoure lors des événements du 22 octobre 2014.

Justin Tang, PC

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CHRONIQUE / Un an et demi après l'attentat du 22 octobre 2014 contre le parlement d'Ottawa, l'image du tireur hante encore le constable Louis Létourneau.

«Mais on apprend à vivre avec ça», raconte le Gatinois qui est revenu au boulot dès le lendemain de l'attaque pour tester sa force de caractère.

Tout comme le sergent d'armes Kevin Vickers et 14 autres membres du personnel de sécurité du parlement, Louis Létourneau a reçu lundi une médaille pour saluer sa bravoure lors des tragiques événements.

L'Étoile du courage fraîchement épinglée au revers de son veston par le gouverneur général David Johnston, Louis Létourneau disait se sentir... comme un imposteur.

«Ce jour-là, nous n'avons fait que notre job. Malgré tout, il faut être fier de porter cette médaille. Nous n'avons fait que notre job... mais on l'a bien fait.»

***

De tous les membres du personnel de sécurité en service cette journée-là, c'est sans doute Louis Létourneau qui a vu le plus d'action. «Du premier au dernier coup de feu, j'ai tout vu.»

Il venait tout juste d'escorter le premier ministre Stephen Harper dans la salle du caucus quand il a entendu un coup de fusil retentissant en provenance de l'entrée de l'édifice du Centre.

Le constable a dégainé son arme, tout en se dissimulant derrière un mur du hall d'honneur. De sa cachette, il a vu Michael Zehaf-Bibeau qui montait l'escalier de la rotonde, carabine à la main.

Il a vu un autre constable tirer en direction de Zehaf-Bibeau - sans résultat apparent.

Quand le tireur s'est mis à courir vers la bibliothèque du Parlement, Létourneau a attendu que sa ligne de tir soit dégagée pour ouvrir le feu à son tour. Il a déchargé son arme, 15 coups en tout, sans parvenir à l'arrêter.

Tout en rechargeant, Létourneau s'est lancé à sa poursuite, en s'abritant derrière les piliers. Quand il a aperçu Zehaf-Bibeau dissimulé dans une alcôve, il lui a crié de déposer son arme.

«Drop the gun! Drop it, drop it!» a-t-il hurlé avant de tirer encore deux fois.

L'Étoile du courage fraîchement épinglée au revers de... (Justin Tang, PC) - image 2.0

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L'Étoile du courage fraîchement épinglée au revers de son veston par le gouverneur général David Johnston, Louis Létourneau disait se sentir... comme un imposteur.

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De son point d'observation, il a vu Kevin Vickers bouler au sol en tirant sur Zehaf-Bibeau. Au même moment, un agent de la GRC, Curtis Barrett, a lui aussi déchargé son arme sur le tireur.

Qui a tiré le coup de feu fatal?

Il ne fallait pas compter sur la cérémonie de remise des médailles pour éclaircir ce mystère. De toute évidence, on a voulu éviter toute controverse à Rideau Hall.

Après avoir reçu son Étoile du courage, Kevin Vickers a refusé de s'adresser aux médias. Quant à l'agent Barrett, il était absent et recevra sa médaille un autre jour.

On a plutôt mis l'accent sur le travail d'équipe des constables et des policiers de la GRC. L'essentiel étant que Zehaf-Bibeau a été abattu moins de trois minutes après son irruption au parlement.

***

Parmi les héros de cette journée, chacun a digéré le drame à sa manière.

Une médaille de la Bravoure épinglée sur leurs uniformes de Mounties, Michelle Bergeron et Sylvie Marcoux jouaient la carte de la modestie. Les agentes se trouvaient à quelques mètres du tireur quand il a été abattu. Tout s'est passé tellement vite. Elles étaient heureuses d'avoir bien réagi, de voir que toutes ces heures d'entraînement ont porté des fruits.

C'est seulement après qu'elles ont pensé au risque de recevoir une balle.

Est-ce qu'un drame pareil vous change à jamais?

Mais non, tranche Sylvie Marcoux.

Elle a servi 26 ans dans l'armée avant d'entrer dans la GRC. Elle a vu la Bosnie et son cortège d'horreurs. Alors Zehaf-Bibeau...

«Oui, tu vis avec des images pour toujours. Mais ça ne m'a pas changée. Dieu merci, je sais gérer le stress!»

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