Des choses à éclaircir

Le spectacle Kurios, du Cirque du Soleil... (Erick Labbé, Archives Le Soleil)

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Le spectacle Kurios, du Cirque du Soleil

Erick Labbé, Archives Le Soleil

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CHRONIQUE / Loin de moi l'idée de jouer le trouble-fête sur la venue possible du Cirque du Soleil à Gatineau en 2017.

Mais j'ai quand même une ou deux questions sur le rôle joué par Claude Hamelin dans les démarches pour attirer la célèbre troupe sur un site privé du centre-ville.

Je ne dis pas que M. Hamelin est en conflit d'intérêts, je ne dis même pas qu'il est en apparence de conflit d'intérêts. Chose certaine, il y a, à tout le moins, une troublante confusion des rôles dans son cas. Et partir du moment où il y a de l'argent public en jeu, des questions doivent se poser.

Voilà des années que M. Hamelin discute avec le Cirque du Soleil en vue d'attirer un spectacle à grand déploiement à Gatineau.

Ses démarches ont commencé vers 2010 alors qu'il était à la tête de Destination Gatineau, une corporation financée essentiellement par des fonds publics. Encore aujourd'hui, M. Hamelin est directeur de Place des festivals, la créature qui a succédé à Destination Gatineau et qui est, elle aussi, financée par des fonds publics.

Or il s'avère que M. Hamelin travaille aussi pour le privé. Il est directeur de la programmation pour Zibi, un vaste projet immobilier que le Groupe Windmill veut bâtir dans le secteur des Chaudières, à Gatineau.

Or, qu'est-ce qu'on apprenait lundi?

À titre de directeur de la programmation chez Zibi, M. Hamelin nous annonce que c'est le site du Groupe Windmill qui est pressenti pour accueillir le spectacle à grand déploiement du Cirque du Soleil.

En soi, c'est fantastique. Si jamais le projet se réalise, les marchands du centre-ville vont en profiter. Sans compter que ce sera un coup de publicité fumant pour Zibi.

Sauf que cela nous amène à ma première question.

Comment Claude Hamelin se présente-t-il à ses contacts au Cirque du Soleil?

«Bonjour, je suis Claude Hamelin, directeur de Place des festivals, un organisme financé essentiellement par la Ville de Gatineau?»

«Bonjour, je suis Claude Hamelin, directeur de la programmation pour Zibi, un projet immobilier entièrement privé?»

Ou encore: «Bonjour, je suis Claude Hamelin, directeur des Grands feux du Casino?»

À force de le voir porter tous les chapeaux, on ne sait plus pour qui travaille Claude Hamelin. Je m'étonne que personne, encore, n'ait relevé publiquement cette évidente confusion des rôles.

Il y a pourtant lieu de se poser de sérieuses questions quand les négociations menées pendant des années par un démarcheur payé à même les fonds publics finissent par aboutir dans la cour d'un entrepreneur privé.

Y'avait des clauses, des balises, pour s'assurer que l'argent public investi dans les démarches de Claude Hamelin pour attirer un gros événement à Gatineau profite d'abord et avant tout aux contribuables?

Est-ce que le salaire versé à M. Hamelin par l'entremise de corporations financées par des fonds publics a été utilisé à bon escient et dans le respect des règles?

Il est difficile de se faire une idée là-dessus à partir du moment où on ignore les liens contractuels qui unissent Claude Hamelin et la corporation Destination Gatineau, devenue aujourd'hui Place des festivals.

Mais à partir du moment où on se retrouve devant une telle confusion des rôles, voire une apparence de conflit d'intérêts, la transparence totale s'impose.

Et en pareille situation, ce n'est pas à Claude Hamelin de rendre des comptes. Mais bien au bailleur de fonds, soit la Ville de Gatineau.

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