La croisade de Sylvie Goneau

Même si la conseillère Goneau avance plusieurs arguments... (Martin Roy, LeDroit)

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Même si la conseillère Goneau avance plusieurs arguments intéressants, je doute qu'ils suffisent à faire fléchir le ministre Moreau au moment de réviser le projet de loi 83 sur le financement politique.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Et voilà, la conseillère Sylvie Goneau part en croisade.

Son plus grand défi sera de convaincre le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, que les élus des partis politiques sont indûment favorisés au détriment des élus indépendants comme elle.

Alors... comment dire? Bonne chance, Mme Goneau.

Même si Mme Goneau avance plusieurs arguments intéressants, je doute qu'ils suffisent à faire fléchir le ministre Moreau au moment de réviser le projet de loi 83 sur le financement politique.

C'est vrai que les partis politiques détiennent certains avantages sur les élus indépendants au Québec. Ils peuvent notamment recueillir du financement en tout temps, pas seulement en période électorale comme c'est le cas pour les indépendants.

L'ennui pour Mme Goneau, c'est que ni le gouvernement du Québec ni le Directeur général des élections ne semblent percevoir un problème dans la situation actuelle.

Au contraire, Québec semble tout à fait satisfait du système qui tend à multiplier l'existence des partis politiques dès lors qu'un premier parti fait son apparition à un conseil municipal.

Au sein même du monde municipal, il n'existe pas de consensus sur la question. L'Union des municipalités du Québec a refusé d'entériner la démarche de Mme Goneau.

C'est pourquoi elle a décidé de créer un groupe d'intérêt pour faire valoir ses arguments auprès de Québec. Mme Goneau a lancé son bébé en conférence de presse, vendredi: le Regroupement des élus municipaux indépendants.

Sans craindre de sombrer dans l'enflure verbale, Mme Goneau affirme que sa démarche a le potentiel de changer le visage de la démocratie municipale au Québec.

Dans l'immédiat, Mme Goneau donne surtout raison au proverbe voulant que personne ne soit prophète en son pays. Seulement quatre de ses collègues élus de Gatineau ont assisté au lancement, alors que six conseillers indépendants de Sherbrooke ont fait quatre heures de route pour y être.

Ironiquement, Mme Goneau soutient qu'elle ne veut pas lancer de «débat public», seulement faire pression auprès de Québec. C'est dommage, parce que sa démarche soulève plusieurs points intéressants d'intérêt public.

Par exemple, pourquoi est-ce que les conseillers indépendants ne pourraient-ils pas, tout comme les élus des partis, recueillir des fonds pour faire connaître et propager leurs idées politiques? Autre question intéressante: l'environnement dans lequel évoluent les partis politiques. Contrairement à ce qui se passe au Parlement ou à l'Assemblée nationale, la vie municipale n'est pas organisée en fonction des partis politiques. C'est un détail, mais à Gatineau, les élus du parti politique sont assis parmi les conseillers indépendants au lieu d'avoir leurs sièges regroupés comme au provincial ou au fédéral. Tout cela entretient une certaine confusion et provoque des confrontations inutiles.

Maintenant, il faudra voir si le monde municipal a réellement besoin de la révolution préconisée par Mme Goneau.

À Gatineau, l'apparition d'un parti politique est toute récente. On n'a pas encore apprivoisé la bête. Mais ailleurs, à Montréal et à Québec, on a vu que le cadre réglementaire en vigueur avait la souplesse nécessaire pour s'adapter de manière démocratique à l'apparition des partis.

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