La vraie compassion

CHRONIQUE / Alors Justin Trudeau s'est fait raccrocher au nez par le conjoint... (Archives, Le Soleil)

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CHRONIQUE / Alors Justin Trudeau s'est fait raccrocher au nez par le conjoint de Maude Carrier, l'une des victimes québécoises de l'attaque terroriste de Ouagadougou.

Le monsieur n'a pas aimé que le premier ministre lui débite sa «cassette» sur la fierté canadienne au moment de lui exprimer ses condoléances.

Il a carrément fermé la ligne au nez du premier ministre en lui demandant d'aller embrasser sa femme et ses enfants...

Ouch.

Il y a comme un retour de balancier dans cette histoire.

C'est ce même Justin Trudeau qui faisait la leçon à Stephen Harper en campagne électorale en lui reprochant son manque de sensibilité face au sort des migrants européens. «On ne découvre pas soudainement la compassion pendant une campagne électorale. Vous en avez ou vous n'en avez pas», clamait le chef libéral.

Cinq mois plus tard, c'est au tour de Justin Trudeau de se faire reprocher son manque de sympathie à l'endroit des familles éplorées par l'attaque au Burkina Faso.

Alors que le reste du monde est encore en pâmoison devant le «Kennedy canadien», ici au pays, on apprend à mieux connaître le nouveau premier ministre.

Plus jeune que Mulcair et Harper, Trudeau semblait parfaitement à son aise dans le cadre très contrôlé d'une campagne électorale, où l'image comptait plus que tout le reste.

Rappelez-vous comment Trudeau s'est tiré sans une égratignure du bourbier du niqab, dans lequel son adversaire Thomas Mulcair s'était enfoncé jusqu'au cou. Les deux hommes avaient pourtant la même opinion sur la question.

C'est une chose de trouver le ton juste dans le cadre d'une campagne électorale; c'en est une autre de réagir de manière appropriée, une fois premier ministre, aux imprévus de l'actualité internationale.

J'irais même plus loin en disant que c'est une chose de multiplier les séances d'égoportraits pour cultiver son image de politicien près du peuple.

C'en est une autre d'être près du peuple quand ça compte vraiment. Au moment d'offrir ses condoléances à une famille en deuil, par exemple.

***

Que Gatineau, quatrième ville en importance au Québec, fasse aussi piètre figure en matière d'entrepreneuriat dépasse l'entendement.

La métropole de l'Outaouais obtient le 98rang sur 100 au chapitre de la réglementation la plus facilitante pour les PME.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante met en plein le doigt sur le bobo. C'est la paperasserie abusive qui est le principal frein à l'entrepreneuriat à Gatineau.

La bureaucratie décourage non seulement ceux qui veulent se lancer en affaires, mais aussi les entrepreneurs établis qui cherchent à accroître leur volume d'affaires.

Malgré les promesses de réforme et un rapport accablant du vérificateur général, obtenir un permis d'affaires demeure toujours un aria à Gatineau.

La fibre entrepreneuriale est pourtant bel et bien là, surtout chez les jeunes Gatinois et les immigrants qui sont nombreux à vouloir se lancer en affaires.

Mais si le taux d'intention est meilleur que la moyenne québécoise, le taux de conversion, lui, laisse à désirer...

Encore beaucoup trop de Gatinois renoncent à faire le saut en raison des tracasseries administratives.

Avec la fonction publique fédérale qui offre de bons salaires et des conditions de travail intéressantes, Gatineau se doit de travailler deux fois plus fort pour faire vibrer la fibre entrepreneuriale.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin dit miser sur des allégements à la réglementation pour faire tourner le vent.

Mais il faudra plus pour donner un réel coup de barre. Quelque chose comme un changement de culture à la Ville, doublé d'une véritable volonté politique.

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