L'esprit des lieux

S'il y a une leçon à tirer des... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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S'il y a une leçon à tirer des succès du marché By, c'est combien il est payant de préserver l'écosystème fragile d'un centre-ville.

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Quelle ville ne voudrait pas d'un marché By? Même le président américain Barack Obama s'y est arrêté faire quelques emplettes lors de sa visite à Ottawa en 2009.

Quand je suis arrivé dans la région à la fin des années 1990, je suis tout de suite tombé sous le charme du marché By. De ses étals en plein air, de ses bons restaurants, de l'animation au centre-ville...

Au fil du temps, le plus vieux et le plus grand marché extérieur au Canada est devenu un véritable aimant à touristes. Il fourmille de monde durant la haute saison. Après le parlement, c'est le second attrait le plus visité de la capitale fédérale.

Avec un atout pareil dans sa manche, rien d'étonnant à ce que le conseil municipal de la Ville d'Ottawa ait décidé de mettre le paquet sur l'embellissement du marché By, à temps pour les Fêtes du 150e de la Confédération en 2017.

Ottawa parle d'ajouter des bâtiments et des places publiques, de rendre certaines rues piétonnières et d'enfouir sous le sol des espaces de stationnement. On veut agrandir le marché By et le garder ouvert toute l'année avec plus de producteurs, plus de produits et encore plus de touristes.

Quelle ville ne voudrait pas d'un tel attrait?

***

S'il y a une leçon à tirer des succès du marché By, c'est combien il est payant pour une ville de préserver l'écosystème fragile d'un centre-ville.

Si le marché By a pu acquérir la dimension qu'il a acquise aujourd'hui, c'est parce qu'on a respecté l'esprit et la vocation des lieux au fil du temps. On a résisté à l'envie de tout raser pour construire des condos ou de grands boulevards.

Quand le marché a été ouvert par le colonel By en 1826, c'était d'abord pour approvisionner les travailleurs du canal Rideau. Avant de devenir l'endroit charmant que l'on connaît aujourd'hui, le marché By était d'abord un lieu où l'on se rendait par nécessité pour faire le plein de denrées essentielles.

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L'endroit s'est transformé pour devenir non seulement un marché public, mais tout à la fois un lieu d'animation, un lieu de rencontre, un lieu de travail et un attrait touristique. Un lieu identitaire aussi, qui rend les gens d'Ottawa fiers de leur ville.

La magie du marché By a quelque chose d'organique. Il s'est passé quelque chose avec le passage du temps, dans ce patient assemblage de petites et de grandes transformations. L'esprit du marché By, c'est la somme des traditions accumulées au fil du temps.

***

Et je pense que ça mérite réflexion à Gatineau, où on n'a jamais fait grand cas de notre passé et de notre patrimoine. Depuis qu'on a charcuté l'ancien centre-ville de Hull pour y construire de gris édifices fédéraux, on cherche une âme à cette ville. Il y a un prix à tout détruire pour recommencer à zéro.

Et je ne suis pas sûr qu'on a compris la leçon. Sinon, pourquoi serait-on tellement séduit par l'idée d'un promoteur qui propose de jeter dans l'ombre un des rares quartiers patrimoniaux de Hull pour y ériger deux grandes tours?

Quand je vois Gatineau fantasmer sur les succès de sa voisine et rêver d'ouvrir un clone du marché By sur son territoire, je me dis qu'il y a quelque chose qu'on n'a pas compris. Prenez le dernier projet en lice: un marché public tout près de la Fonderie, dans un ancien secteur industriel incapable d'attirer une épicerie commerciale.

C'est quoi le lien avec l'esprit des lieux?

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