Le meilleur pour la fin

Il n'y a rien de mieux que des... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Il n'y a rien de mieux que des «pépines» pour donner l'impression que «ça bouge» à Gatineau... Sur la photo, des travaux lors de la construction du Rapibus.

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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CHRONIQUE/ Ce n'est pas un hasard si le maire Maxime Pedneaud-Jobin réitère à la moindre occasion que «ça bouge» à Gatineau.

Le maire l'a répété lundi à l'occasion de son point de presse de la rentrée. «Ça bouge à Gatineau!» a-t-il lancé en prenant à témoin les travaux de 40 millions qui s'achèvent rue Jacques-Cartier.

Si le maire insiste tant là-dessus, c'est qu'il cherche à contrer la perception répandue par ses adversaires qu'il ne se passe plus rien depuis l'arrivée de son parti politique à la Maison du citoyen.

«La Ville semble être complètement sur le neutre, déplorait la conseillère Denise Laferrière en novembre. Le maire est très bon pour expliquer pourquoi il ne peut pas réaliser certaines choses, mais un moment donné, il doit livrer quelque chose. Il ne se fait plus rien de concret.»

L'homme d'affaires Gilles Lavoie, qui s'emploie à trouver le candidat idéal pour remplacer Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie, tenait le même discours. «Il y a trop de choses qui retardent à Gatineau (...) Je trouve qu'on a une ville qui dort», déplorait-il la semaine dernière.

Il est vrai que le maire s'est davantage fait remarquer jusqu'ici par ses refus plutôt que par ses réalisations concrètes.

Le rejet des appels d'offres pour le nouveau Guertin, tout comme sa tiédeur envers les deux tours de Brigil, ont alimenté la thèse que l'immobilisme est devenu la marque de commerce de la mairie. C'est une perception largement injuste, mais en politique, tout se joue sur les perceptions...

Car enfin, on a beaucoup reproché au maire son manque d'enthousiasme pour les tours Brigil. Pour certains, c'est la preuve qu'il manque de vision et d'ambition. C'est oublier un peu vite que ce même maire s'est rangé derrière Zibi, un ambitieux projet immobilier d'un milliard dans le secteur des Chaudières.

Preuve que l'administration Pedneaud-Jobin n'est pas inactive, elle compte déjà des réalisations à son actif comme la réforme de l'urbanisme et l'inclusion de la clause Gatineau dans le pacte fiscal avec Québec. Mais bon, comparé à un nouvel aréna, ce n'est rien pour exciter la ferveur du bon peuple.

***

Autre chose qui alimente la perception d'une certaine morosité à Gatineau: il n'y a pas une seule grue en ville!

Ça ne veut peut-être rien dire. N'empêche que le contraste est saisissant avec les grands chantiers des dernières années comme le Rapibus et les nouvelles tours du fédéral.

Avec encore deux ans à écouler à son mandat, le maire Pedneaud-Jobin compte sur l'année 2016 pour faire taire ses détracteurs.

Un peu comme Philippe Couillard qui a imposé son impopulaire «rigueur budgétaire» en début de mandat à Québec, M. Pedneaud-Jobin pourrait bien se garder le meilleur pour la fin.

Gatineau amorcera bientôt d'importants travaux au centre-ville pour réaménager le secteur de Laval/Aubry, en plus d'inaugurer la nouvelle rue Jacques-Cartier au printemps. Il n'y a rien de mieux que des «pépines» pour donner l'impression que «ça bouge» à Gatineau...

Il se pourrait aussi qu'on annonce le prolongement du Rapibus jusqu'au boulevard Lorrain. Si Gatineau décrochait en prime une subvention du fédéral pour accueillir les Mosaïcultures Internationales en 2017, ce serait la cerise sur le sundae.

Bref, 2016 devrait donner l'occasion à Maxime Pedneaud-Jobin de prouver que ça bouge vraiment à Gatineau. S'il réussissait son pari d'assurer l'avenir des Olympiques à Gatineau à un prix raisonnable pour les contribuables, il pourrait même passer pour un héros...

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