Le punching bag de service

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le conseiller municipal... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le conseiller municipal responsable du dossier, Jean Lessard, ont fait leur mea culpa en mêlée de presse vendredi au sujet des opérations de déneigement à Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Quoi, le conseiller Jean Lessard menace de démissionner de son poste de porte-parole du déneigement à Gatineau? Comme je le comprends!

Il n'y a pas de poste plus ingrat que le sien. Le porte-parole du déneigement, c'est le punching bag de service à Gatineau.

Si par malheur, les trottoirs ne sont pas déneigés avant que la neige ait fini de tomber ou que les rues sont trop glissantes, c'est contre lui que se déchaîne la vindicte populaire.

Gatineau envoie son porte-parole au bâton avec quelques lignes de presse à réciter et une tape d'encouragement sur l'épaule. Allez, mon homme, on compte sur toi. Bonne chance, tu vas en avoir besoin.

Quand on sait à quel point le moindre raté dans les opérations de déneigement a le potentiel de se transformer en psychodrame à Gatineau, c'est comme envoyer un soldat au front avec un fusil... à neige, tiens.

Alors oui, je comprends la frustration du conseiller Lessard. Un élu finit par en avoir assez de recevoir des claques pour une politique de déneigement qui a été décidée avant son élection et qu'il doit défendre avec la même conviction que s'il l'avait lui-même voté.

***

Maintenant, est-ce qu'on peut se calmer les nerfs?

D'accord, la Ville de Gatineau a échappé le ballon pendant les Fêtes. Dix jours après la tempête, les trottoirs ne sont pas tous déneigés, les corridors scolaires non plus. La Ville n'a pas fait son job premier qui est de déneiger ses rues et ses trottoirs dans un délai raisonnable.

En même temps, j'entends des citoyens craindre pour la sécurité de leurs enfants, d'autres accusent Gatineau de mépriser carrément les piétons. Rien que ça! Alors j'ai passé un petit appel au Service de police de la Ville de Gatineau.

«Madame l'agente, vous n'êtes pas sans connaître ces épouvantables ratés dans les opérations de déneigement. La sécurité des citoyens est en jeu. Vous pouvez me faire le décompte des morts et des blessés graves depuis la tempête du 29 décembre? Quoi, rien à signaler? Rien du tout?

- Au niveau scolaire, on a eu des policiers qui ont répondu à des plaintes ou à des appels d'inquiétude par rapport aux corridors de sécurité près des écoles. Mais ils n'ont pas constaté de situation de danger imminent», a précisé Andrée East, porte-parole du SPVG.

Alors voilà, ce n'est pas l'Irak, ce n'est pas la bombe H en Corée du Nord, c'est une autre tempête de neige. Comme celle de l'année dernière et celle de l'année d'avant.

***

Chaque fois, les histoires de déneigement virent à la paranoïa collective. Pourquoi? Parce qu'il est tellement plus facile de se plaindre du déneigement que de la guerre en Syrie ou des changements climatiques. C'est l'exutoire idéal. Tu composes le 3-1-1 et tu lâches ton fiel.

Ça donne 1000 plaintes en quelques jours.

Assez pour que la semaine prochaine, le conseil municipal de Gatineau reprenne le même vieux débat. Est-ce qu'on doit consacrer plus d'argent, plus de machinerie au déneigement?

Allez, refaisons le débat.

Mais je vous rappelle que le jour de Noël, il faisait un temps de printemps. Pas un flocon en vue. Des gens ont pédalé jusqu'au belvédère Champlain, d'autres ont joué une petite ronde de golf...

Gatineau dépense déjà 16 millions par année pour le déneigement. Est-ce que ça vaut vraiment la peine d'investir encore plus? Ou vaudrait-il mieux admettre, tout simplement, que notre pays, c'est l'hiver?

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