Les victimes

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Dans tout le débat autour de ce monument, on a beaucoup disserté du lieu le plus approprié pour l'ériger. Mais il me semble qu'on a sauté un peu vite par-dessus le débat de fond.

Courtoisie

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CHRONIQUE / C'est bien beau cette idée d'ériger un nouveau monument en mémoire des victimes du communisme à Ottawa. Mais à ce compte-là, pourquoi pas aussi un monument aux victimes du capitalisme?

Dans tout le débat autour de ce monument, on a beaucoup disserté du lieu le plus approprié pour l'ériger. Les conservateurs voulaient un gros monument près de la Cour suprême. Les libéraux entrevoient un plus petit monument, pas très loin, près du pont du Portage.

Dans toute cette affaire, il me semble qu'on a sauté un peu vite par-dessus le débat de fond. A-t-on vraiment besoin d'un monument sur les victimes du communisme à Ottawa? Et, si oui, quelle importance on lui donne par rapport aux autres monuments?

Je ne suis pas dans le déni de l'histoire. C'est un fait, des régimes communistes ont commis des crimes atroces contre l'humanité. Au Canada, on dénombrerait 8 millions de personnes dont les ancêtres ont fui le despotisme totalitaire.

Mais jusqu'à présent, on peut se demander avec quelle objectivité on décide des priorités lorsqu'il s'agit d'ériger de nouveaux monuments.

Tiens, pourquoi on payerait 8 millions pour ériger un monument aux victimes de l'Holocauste et seulement 3 millions pour un mémorial aux victimes du communisme? Comment fait-on pour décider? On compte le nombre de victimes et on fait une règle de trois?

Ce genre de décision semble dépendre le plus souvent de l'idéologie du gouvernement en place et de la vigueur des lobbies qui cherchent à l'influencer. C'est toujours le plus fort, ou encore le vainqueur, qui décide à la fin qui a été victime de qui.

Dans le cas du monument sur les victimes du communisme, par exemple, la démarche a été initiée par un groupe privé appelé Hommage à la liberté. Les relents de guerre froide qui émanaient de ce projet cadraient parfaitement avec la vision du monde en noir et blanc de l'ancien gouvernement Harper. Apparemment, ils s'accordent un peu moins bien avec la vision dite «progressiste» des libéraux qui ont réduit la contribution gouvernementale au projet.

Maintenant, à quand un monument sur les victimes des pensionnats autochtones? Ou encore, et l'idée n'est pas si farfelue, un monument aux victimes du capitalisme?

Après tout, le mode de vie accéléré des pays industrialisés provoque des catastrophes climatiques ailleurs sur la planète. Le phénomène est documenté et largement admis dans les sociétés occidentales au lendemain du sommet de Paris sur le climat.

Dans certains pays du monde, la désertification, les tempêtes et les inondations provoquent des maladies, des guerres et des crises migratoires. Est-ce que ces victimes de notre mode de vie accéléré ne mériteraient pas, elles aussi, d'avoir leur monument? Quelque part au milieu du désert du Sahara, peut-être?

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