Le «plan» Trudeau

Avec ce discours du Trône, Justin Trudeau lance... (Sean Kilpatrick, PC)

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Avec ce discours du Trône, Justin Trudeau lance le message qu'il n'est pas une girouette et qu'il ne sera pas si facile à ébranler.

Sean Kilpatrick, PC

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CHRONIQUE / Au premier coup d'oeil, il n'y a rien de très nouveau dans ce premier discours du Trône de Justin Trudeau. Mais compte tenu du contexte particulièrement mouvementé de l'actualité internationale depuis la victoire du 19 octobre, c'est peut-être le plus surprenant.

L'absence de changement dans le plan des libéraux...

Avec la pression qui est devenue énorme après les attentats de Paris, Justin Trudeau aurait pu reculer sur sa promesse d'accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada ou encore sur son intention de rapatrier les F-18 au pays à la fin de leur engagement en Irak.

Mais il n'a pas reculé. Il maintient le cap.

Trudeau continuera d'appuyer la lutte contre le terrorisme, il renforcera ses relations avec ses alliés, notamment les États-Unis. N'en déplaise aux militaristes, il insistera moins sur les missions de guerre. Le gouvernement libéral compte plutôt renouer avec les opérations de maintien de la paix sous l'égide des Nations Unies. Comme promis, Trudeau veut revoir C-51, la loi antiterroriste, dans le but d'assurer la sécurité de la population tout en protégeant les droits et libertés des Canadiens.

D'une manière, ce discours du Trône répond aux détracteurs du premier ministre. Justin Trudeau s'est fait reprocher sa réaction trop molle aux attentats de Paris. On l'a accusé de se murer dans l'idéologie plutôt que d'adapter sa conduite à la réalité internationale. En se campant sur son fameux «plan», Trudeau lance le message qu'il n'est pas une girouette et qu'il ne sera pas si facile à ébranler.

***

L'autre réalité qui a changé depuis l'élection de Trudeau, c'est la conjoncture économique. Les troupes libérales ont fait des promesses de plusieurs dizaines de milliards en campagne électorale, soutenant qu'ils allaient présenter de modestes déficits annuels avant de rééquilibrer le budget après quatre ans.

Sauf que...

Le directeur parlementaire du budget estime qu'Ottawa enregistrera des déficits beaucoup plus importants que les projections optimistes du gouvernement Trudeau. Entre 2017-2018 et 2020-2021, les déficits projetés dépasseront de 10,8 milliards les prévisions actuelles. Et ça n'inclut pas les promesses libérales!

Malgré tout, le gouvernement Trudeau compte toujours investir massivement dans les infrastructures et le transport. Il réitère aussi son intention d'augmenter les allocations aux familles. Plus que tout, il maintient le cap sur sa promesse de baisser les impôts de la classe moyenne - même si l'Institut C.D. Howe doute qu'il puisse pleinement compenser le manque à gagner en taxant les plus riches.

Est-ce que Justin Trudeau aura les moyens de ses ambitions? Devra-t-il retarder ou mettre au rancart certaines promesses?

Certes, le discours du Trône n'est pas un discours sur le budget. Il faudra patienter encore un peu avant de juger pleinement du sérieux budgétaire de ce nouveau gouvernement.

N'empêche que dans un discours du Trône aussi court, les silences sautent aux yeux.

Comme l'ont noté les partis d'opposition, on n'y trouve rien sur les promesses libérales d'instaurer un cadre national pour la garde d'enfants, rien sur l'agriculture, rien sur la livraison du courrier à domicile, rien sur les projets d'oléoducs pétroliers, rien de précis non plus sur le Partenariat transpacifique...

Rien non plus sur les langues officielles ou les négociations avec la fonction publique fédérale, regretteront certains. Là-dessus toutefois, le gouvernement Trudeau a dévoilé en partie ses cartes en divulguant, voilà quelques semaines, les lettres de mandat de ses ministres, une première au Parlement.

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