Les gros rhinos (en vidéo)

Cette année, les employés municipaux suivent une formation... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Cette année, les employés municipaux suivent une formation approfondie en circuit fermé pour mieux se préparer à l'hiver.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Vous savez ce que c'est, dans notre merveilleux pays, la neige n'a pas sitôt commencé à tomber qu'on voudrait déjà que nos rues soient déblayées de fond en comble.

On n'en est pas encore là, mais l'hiver arrive. Et les cols bleus de la Ville de Gatineau ont commencé à s'entraîner à cet art difficile qu'est le maniement du chasse-neige.

C'est nouveau cette année, les employés municipaux suivent maintenant une formation approfondie en circuit fermé, pour mieux se préparer à l'hiver.

Ça se passe dans le stationnement de l'ancien Costco de Gatineau. On a installé des cônes orange pour former une sorte de parcours du combattant. Ici, les cônes simulent une entrée de cour, là, un coin de rue, un trottoir, l'espace restreint entre deux voitures garées sur la rue...

L'idée, c'est de manoeuvrer la gratte à travers ce réseau d'obstacles sans rien renverser.

Il faut aussi ramasser des rondelles de hockey disséminées le long du parcours. Elles simulent la neige.

Sur ce parcours, les apprentis chauffeurs de déneigeuse peaufinent les manoeuvres de base avant de se lancer dans la tempête.

Et c'est toute une affaire que de manier un chasse-neige. Du grand art!

Depuis jeudi matin, quelques journalistes de la région peuvent en témoigner.

Mes collègues et moi étions invités à prendre le volant, à tour de rôle, de ces mastodontes de 13 tonnes.

«L'idée, c'était de faire vivre la complexité du travail des cols bleus lors des opérations de déneigement», explique Jean Boileau, directeur des communications.

Et bien, c'est réussi.

Désormais, avant de chialer contre un déneigeur, je vais y penser à deux fois.

***

À quoi ça ressemble, conduire un chasse-neige?

Imaginez qu'on fixe un volant sur le dos d'un rhinocéros grincheux et qu'on vous demande ensuite de manoeuvrer l'animal sur un étroit chemin délimité par des cônes orange, sans en renverser un seul.

Pas facile.

On ne voit rien dans l'habitacle d'une charrue.

On ne voit pas la pelle déposée devant qui fait 12 pieds de large. Ni la pelle latérale qui, une fois abaissée, élargit le camion d'un bon 5 pieds.

Une chance que j'avais Patrick Gélinas à mes côtés. Parce que sans ce gars-là, qui conduit des chasse-neige depuis 10 ans, j'aurais sans doute embouti tous les cônes du parcours sans ramasser une seule rondelle.

Ces machines-là ne sont pas faites pour faciliter la vie du conducteur.

Dans l'habitacle, on a l'impression d'être entouré d'angles morts malgré les miroirs et les poteaux orange qui indiquent l'emplacement des pelles.

Au volant, il faut constamment apprécier les distances qui nous séparent des obstacles. Et puis, ça a un gros rayon de virage ces rhinocéros-là.

Alors c'est avance, recule, arrête, repart...

Je peux qu'imaginer ce que ce doit être de conduire ces grosses bêtes de 13 tonnes en pleine tempête, pendant des heures et des heures, comme le font les cols bleus.

À la fin du parcours, je n'avais renversé que deux cônes. Et traîné quelques rondelles avec mes grosses pelles.

Les gens ont été gentils, ils m'ont assuré que je m'en étais bien tiré. Tu parles. J'étais tellement lent qu'il m'aurait fallu une semaine pour déblayer mon petit bout de rue...

Les cols bleus, eux, ont 12 heures pour déblayer chacun 50 kilomètres de rue. Dans la nuit noire. En plein blizzard. Entre des autos mal garées et des gros bacs de recyclage qui traînent sur la chaussée. Avec des citoyens qui chialent.

Ne lâchez pas les gars. Je vous laisse vos gros rhinos. J'aime mieux mon clavier. À chacun son métier!

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