La force d'une vague

Françoise Boivin... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Françoise Boivin

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE/ Même Françoise Boivin a perdu...

Je ne saurais dire le plus étonnant de cette folle élection. Le retour en force des libéraux ou bien la déconfiture du NPD.

C'est ce qui arrive avec les vagues. Dans les derniers jours avant le vote, elles enflent, elles enflent, bien à l'abri de l'oeil scrutateur des sondages.

Et le jour du vote, paf, c'est le choc.

Lundi soir, l'Outaouais est redevenu rouge mur à mur alors que Justin Trudeau causait la surprise en formant un nouveau gouvernement libéral majoritaire.

Bien sûr, on s'attendait à ce que le NPD récolte moins d'appuis qu'en 2011, qu'il se produise une sorte d'écrémage parmi les candidats élus lors de la vague orange soulevée par la popularité de Jack Layton.

J'avais pressenti la défaite de Mathieu Ravignat dans le Pontiac où l'élection d'un député néo-démocrate relevait presque d'une anomalie. Je me doutais que Nycole Turmel était en difficulté dans Hull-Aylmer.

Mais Françoise Boivin?

Elle qui était de tous les événements communautaires, de tous les soupers spaghettis, cette bête politique capable en une phrase assassine de clouer le bec à ses rivaux en débat électoral...

Même Françoise a mordu la poussière, emportée par le tsunami libéral.

Dans le fond, il s'est passé lundi soir ce qu'on pressentait depuis le début. À la fin, les électeurs ont opté pour le candidat capable de bouter Stephen Harper hors du Parlement.

Et c'est Justin Trudeau qui s'est imposé comme le candidat du changement. C'est lui qui a fait la meilleure campagne, n'hésitant pas à dépasser Thomas Mulcair sur sa gauche avec des promesses audacieuses.

Même des candidats solidement ancrés dans leur circonscription ne peuvent rien contre une vague de cette ampleur. Les néo-démocrates le savent mieux que quiconque, eux qui ont profité d'un tel momentum en 2011. À leur tour d'y goûter.

Rassemblés dans un restaurant de Wakefield lundi soir, les militants du NPD qui ont travaillé à la campagne de Mathieu Ravignat dans le Pontiac se consolaient comme ils le pouvaient.

«Je suis tellement content, au moins, on n'a plus de gouvernement conservateur!», a lancé le néo-démocrate Mathieu Ravignat à ses partisans, après avoir concédé la victoire à son rival libéral Will Amos.

En début de campagne, personne ne donnait cher de la peau des candidats libéraux de l'Outaouais. Il s'en trouvait pour dire que cette bande de presque inconnus du grand public allait se faire manger tout rond par les néo-démocrates.

Quand Greg Fergus a été préféré à l'ancien maire de Gatineau, Yves Ducharme, pour devenir candidat libéral dans Hull-Aylmer, l'ex-député Marcel Proulx a poussé les hauts cris, affirmant qu'on venait de concéder la victoire à la néo-démocrate Nycole Turmel...

Cette nouvelle vague de députés libéraux «post-scandale des commandites», moins arrogante et plus à l'écoute des électeurs, aura réussi à faire mentir l'ancienne garde du PLC en Outaouais.

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