Maintenant, on sait

L'attentat perpétré il y a un an à... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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L'attentat perpétré il y a un an à Ottawa avait mis la population et les autorités policières sur les dents. Depuis, la vie a repris son cours normal dans la capitale.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE/ Un attentat commis par un loup solitaire, ça change pas le monde. Sauf que...

De prime abord, rien n'a véritablement changé dans le quotidien des gens d'Ottawa depuis la journée de chaos et d'angoisse du 22 octobre 2014.

Oui, les mesures de sécurité ont été renforcées au Parlement, le coeur de la démocratie canadienne, où le tireur, Michael Zehaf Bibeau, avait réussi à s'introduire avant d'être abattu de 31 balles, moins de deux minutes après son irruption.

Oui, les mesures de sécurité ont été renforcées au Monument commémoratif de guerre. Les deux militaires qui montent la garde devant la tombe du Soldat inconnu sont maintenant protégés par des policiers en armes.

Oui, le gouvernement de Stephen Harper a adopté une loi antiterroriste, C-51. Elle accorde des pouvoirs accrus au service de renseignement et à la GRC pour leur permettre de mieux lutter contre la terreur islamiste.

Mais pour le reste...

Un an après l'attaque qui a paralysé la capitale, les citoyens d'Ottawa ont repris leurs occupations quotidiennes.

Les gens continuent de faire du yoga sur la colline parlementaire et les touristes se font toujours photographier devant la tour de la Paix.

Comme avant.

Et c'est très bien ainsi.

***

Il n'aurait pas fallu qu'un acte de microterrorisme - c'est ainsi qu'on dit dans le jargon - mette à mal nos droits fondamentaux et nos libertés au nom de la sécurité nationale.

Le Canada méritait de rester tel qu'il est.

Quoi qu'on fasse, quelles que soient les mesures de sécurité qu'on met en place, d'autres attaques comme celles de Saint-Jean-sur-Richelieu ou Ottawa surviendront un jour ou l'autre.

C'est inévitable.

C'est la nature même de ce type de terrorisme. De frapper n'importe où, n'importe quand, avec un minimum de moyens et d'organisation, pour semer un maximum de confusion.

Il a suffi d'un seul tireur fanatique pour forcer le gouvernement à se barricader et à paralyser toute la capitale pendant une journée complète.

C'est le nouveau visage de la guerre et il faudra bien s'y faire.

***

S'il y a eu un changement depuis les attentats de l'an dernier, il est dans la prise de conscience collective. Maintenant, on sait.

«Alors, je vais juste cibler quelques-uns de vos soldats, juste pour démontrer que vous n'êtes aucunement en sécurité dans votre propre pays», disait Zehaf Bibeau dans une vidéo filmée quelques minutes avant le meurtre du caporal Nathan Cirillo.

Maintenant, on sait que le Canada, qui est engagé dans la lutte contre l'État islamique, n'est pas à l'abri de ce type d'attentats.

On sait aussi que, malgré tous les moyens qu'on mettra en place, on ne viendra jamais à bout de parer toutes les attaques des loups solitaires radicalisés dans l'intimité de leur sous-sol.

On sait aussi qu'on n'est pas complètement démuni contre ce genre d'agression - pourvu que la réponse ne soit pas uniquement militaire et policière.

Le jeune terroriste en puissance qui s'est fait arrêter après un vol de dépanneur, à Montréal, a été dénoncé par son père qui craignait que son fils rejoigne le groupe armé État islamique.

On s'est rendu compte que le meilleur moyen de réagir, c'était d'être à l'affût de ce qui se passe autour de nous.

Même si ce n'est pas une garantie absolue de résultat.

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