Coalition ou non?

Jusqu'à maintenant, c'est Justin Trudeau qui a opposé... (Paul Chiasson, Archives La Presse Canadienne)

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Jusqu'à maintenant, c'est Justin Trudeau qui a opposé une fin de non-recevoir à une coalition. Thomas Mulcair s'y est montré plus ouvert.

Paul Chiasson, Archives La Presse Canadienne

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Et pourquoi pas une coalition Trudeau-Mulcair pour diriger le Canada, après tout?

Jusqu'à maintenant, les deux chefs ont refusé de spéculer très avant sur cette éventualité, préférant miser sur la victoire de leur parti au scrutin du 19 octobre.

Sauf que la possibilité d'une coalition Parti libéral/NPD refait surface maintenant que la course à trois se transforme en course à deux à l'échelle du pays.

Si jamais les conservateurs de Stephen Harper se retrouvent en position de former un gouvernement minoritaire, les électeurs voudront savoir si Justin Trudeau et Thomas Muclair envisagent de le contrer avec un gouvernement de coalition.

Au Québec, où le sentiment anti-Harper est très fort, la question risque de se poser avec encore plus d'acuité qu'ailleurs au pays.

Jusqu'à maintenant, c'est Trudeau qui a opposé une fin de non-recevoir à une coalition. Mulcair s'y est montré plus ouvert.

Mais les dernières déclarations des chefs à ce sujet remontent au début septembre, alors que l'issue de la course demeurait très incertaine.

***

La dernière fois qu'on a parlé sérieusement de former une coalition au Canada, c'était en 2008.

Stephen Harper avait prorogé le Parlement pour éviter à son gouvernement minoritaire d'affronter une coalition de libéraux, de néo-démocrates et de bloquistes.

La situation est fort différente aujourd'hui alors qu'un certain nombre de «conditions gagnantes» pourraient favoriser la formation d'une coalition.

Ainsi, libéraux et néo-démocrates n'auraient plus l'obligation de conclure une alliance contre nature avec des souverainistes pour faire échec à Stephen Harper. Contrairement à 2008, le Bloc québécois, en perte de vitesse, n'est plus un allié incontournable pour défaire les conservateurs.

En outre, jamais le NPD et le PLC n'ont paru si rapprochés au plan idéologique. Dans leur tentative de conquérir le centre gauche, les deux partis ont pigé allègrement dans les plates-bandes de leur rival au point d'en devenir parfois méconnaissables.

Trudeau et Muclair s'entendent aussi bien sur la question du niqab que sur la nécessité de taxer les plus riches. Le NPD a repiqué à son compte le programme national de garderies des libéraux. Quant à Justin Trudeau, il propose de retarder le retour au déficit zéro pour mieux stimuler l'économie - une recette traditionnelle des néo-démocrates.

C'est vrai, Trudeau et Mulcair ont des points de vue opposés sur la clarté référendaire, la mission de combat en Irak, la loi antiterroriste ou l'abolition du Sénat. De l'avis de certains, leurs points de vue très dissemblables sur le Partenariat transpacifique suffisent à exclure toute possibilité de coalition entre les deux chefs.

Sauf que même sur une question comme le libre-échange, Trudeau et Mulcair ne sont plus si irréconciliables que jadis. Le NPD a largué une bonne partie de son discours antimondialisation d'antan.

S'il y a un obstacle majeur à la formation d'une coalition, c'est peut-être au plan politique.

Comme en 2008, Stephen Harper ne manquerait pas de contester la légitimité d'une coalition de «perdants», ce qui plongerait le pays dans une crise constitutionnelle que personne ne souhaite.

Il y a aussi beaucoup à perdre pour un parti à former une coalition si ce n'est pas son chef qui est premier ministre.

Est-ce que Mulcair accepterait de travailler comme vice-premier ministre de Trudeau? Ou vice-versa?

«Celui qui n'est pas premier ministre risque de mourir dans l'ombre de l'autre. C'est ce qui est arrivé au NPD de Bob Rae en Ontario (en 1985), même s'il a pu se relever et former le gouvernement quelques années plus tard», relate Benoît Pelletier, spécialiste en droit constitutionnel de l'Université d'Ottawa.

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