L'effet Layton inversé

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C'est à se demander si l'effet Jack Layton est en train de se reproduire au Québec, mais cette fois-ci au profit des libéraux.

Alors que la campagne de Thomas Mulcair est en perte de vitesse, celle de Justin Trudeau fait flèche de tout bois.

Bien sûr, Trudeau n'a pas le même type de charisme que Jack Layton, un politicien avec qui les électeurs se voyaient en train de faire la fête et de prendre une bière.

Mais visiblement, la prestation de Justin Trudeau impressionne beaucoup d'électeurs. Partout où il passe, des gens se pressent à ses côtés pour se faire prendre en photo. Et le chef libéral se prête de bonne grâce au jeu des selfies. On peut le déplorer, mais une campagne électorale demeure une bataille d'image.

Dans le cas de Trudeau, les dames le trouvent beau gosse et il passe bien à la télé. Au fil de la campagne, il a réussi à se départir de l'image de jeune blanc-bec inexpérimenté que les conservateurs ont voulu lui accoler à grands coups de publicités négatives.

Contre toute attente, Trudeau se défend très bien lors des débats télévisés. Vendredi, il a rivé le clou de belle façon à Stephen Harper lors du débat à TVA, en lui faisant remarquer que son caucus comptait plus d'hommes antiavortement qu'il y a de femmes portant le niqab au Québec. Tiens-toi!

Au débat des chefs sur la politique étrangère, Trudeau s'est fait remarquer par une intervention très émotive où il s'est dit fier de l'héritage de son père et de la Charte des droits et libertés. Qu'on soit d'accord ou non avec lui, il donnait l'impression de parler avec son coeur. L'électorat est sensible à la sincérité.

À Gatineau, j'ai vu une dame en pleurs aborder Trudeau après un point de presse. Le chef libéral s'est arrêté et a pris le temps de l'écouter et de la consoler avant de poursuivre son chemin. Pas sûr qu'un tel épisode aurait pu se produire dans l'entourage de Harper qui se déplace avec une armée de gardes du corps.

Alors que Thomas Mulcair fait les frais de sa position jugée trop conciliante sur le port du niqab, Trudeau s'en tire sans trop de dommages alors qu'il défend exactement la même position que son rival néo-démocrate sur la question.

Il se passe quelque chose dans le cas de Trudeau qui a peu à voir avec la raison. Comme Jack Layton, le jeune chef libéral réussit, d'une manière qu'on ne comprend pas encore très bien, à toucher directement le coeur des électeurs.

D'un point de vue stratégique, Trudeau semble avoir visé juste en profitant du déplacement vers le centre du NPD pour le dépasser par la gauche. Ses promesses d'investir dans les infrastructures et de baisser les impôts de la classe moyenne semblent porter des fruits.

À tel point que la course à trois au niveau national est en train de se transformer en une course à deux entre les troupes de Trudeau et la bande de Harper.

La firme Nanos plaçait hier les libéraux à 35,6%, en avance sur les conservateurs à 31%. Les néo-démocrates sont largués à 22,8%.

Au Québec, Nanos plaçait libéraux (28,1%) et néo-démocrates (30,1%) à égalité, avec un écart qui se situe dans la marge d'erreur.

La remontée des libéraux n'est donc pas sans rappeler l'effet Jack Layton, mais avec couleurs inversées. Même s'il est trop tôt pour prédire qu'une vague rouge remplacera la vague orange de 2011, il se passe indéniablement quelque chose en cette fin de campagne.

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