L'Université d'Ottawa trace la voie

À l'Université d'Ottawa, la présence d'un recteur francophile,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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À l'Université d'Ottawa, la présence d'un recteur francophile, Allan Rock, a pavé la voie vers une désignation bilingue. Mais il a fallu beaucoup d'efforts et de volonté politique pour y parvenir.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Si ça continue, le maire Jim Watson va se retrouver à court d'arguments pour s'opposer au bilinguisme officiel de la Ville d'Ottawa.

Les astres s'alignent pour qu'Ottawa devienne une capitale officiellement bilingue à temps pour le 150e anniversaire du Canada en 2017.

On apprenait dans LeDroit de vendredi que le Québec appuie maintenant l'Ontario dans ses revendications pour occuper une plus grande place au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Autre avancée majeure pour les Franco-Ontariens, l'Université d'Ottawa a obtenu sa désignation en vertu de la Loi sur les services en français, après quatre ans de négociations parfois ardues avec Queen's Park.

C'est une victoire majeure pour les prochaines générations de francophones de l'Ontario.

Les voilà désormais assurées de pouvoir étudier dans leur langue maternelle au moins jusqu'à la fin du premier cycle de leurs études universitaires.

Plus important encore, l'Université d'Ottawa vient de démontrer qu'il est possible d'enchâsser une offre de services en français dans une loi - sans ruiner une institution ni la figer dans le temps.

Le maire d'Ottawa devrait en prendre bonne note.

Les objections à un éventuel statut bilingue pour la Ville d'Ottawa tournent notamment autour des coûts liés à une obligation contraignante d'offrir des services en français.

L'Université d'Ottawa nourrissait grosso modo les mêmes craintes au moment de réclamer sa désignation à Queen's Park.

À l'Ud'O, on redoutait aussi qu'une désignation ait pour effet de pétrifier des programmes universitaires qui doivent d'évoluer au rythme de la modernité.

Comment a-t-on surmonté ces obstacles?

D'abord, en s'assurant que la désignation selon la Loi sur les services en français consacrait une situation qui existe déjà.

Dans les faits, l'Université d'Ottawa est déjà largement francophone avec plus de 13 000 étudiants francophones, 80% du personnel qui s'exprime en français et 1300 cours de premier cycle offerts dans cette langue.

À court terme, il n'y a donc pas de coûts importants associés à une désignation.

Ensuite, l'Université d'Ottawa s'est assurée de conserver la flexibilité nécessaire pour ajuster ses programmes universitaires à la réalité.

Ainsi, une disposition du règlement prévoit qu'un programme universitaire peut être soustrait à la Loi sur les services en français s'il récolte moins de cinq inscriptions pendant trois années consécutives.

***

L'Université d'Ottawa vient de prouver qu'il est possible de protéger par une loi des services en français, sans s'enfermer dans un cadre trop contraignant.

Pourquoi ne pas appliquer la même recette pour faire d'Ottawa une Ville officiellement bilingue?

M. Watson a toujours prétendu que la politique actuelle de la Ville d'Ottawa, qui consiste à offrir des services en français là où les besoins le justifient, fonctionne bien.

Alors pourquoi ne pas commencer par s'assurer de protéger ce qui existe déjà par une loi, comme on l'a fait à l'Université d'Ottawa?

Ce serait un bon début qui ne coûterait pratiquement rien à la Ville d'Ottawa, tout en garantissant légalement des services en français qui sont pour l'instant à la merci de la bonne volonté du conseil municipal.

Pour ce qui est de la flexibilité, la Ville d'Ottawa pourrait encore une fois s'inspirer de l'Université d'Ottawa. Et se négocier des clauses lui permettant d'ajuster les services en français à la mouvance de la réalité linguistique.

À l'Université d'Ottawa, la présence d'un recteur francophile, Allan Rock, a pavé la voie vers une désignation bilingue. Mais il a fallu beaucoup d'efforts et de volonté politique pour y parvenir.

Tout aussi francophile, le maire Watson peut lui aussi y arriver. À condition d'afficher la même volonté que le recteur.

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