Le vote anti-Harper

Jusqu'ici, Justin Trudeau a eu le meilleur sur... (Martin Tremblay, La Presse)

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Jusqu'ici, Justin Trudeau a eu le meilleur sur Thomas Mulcair pour se présenter comme le «plus, plus anti-Harper» des deux chefs.

Martin Tremblay, La Presse

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Question: qui est le plus anti-Harper des deux chefs? Justin Trudeau ou Thomas Mulcair?

Jadis, la question ne se serait pas posée. Le NPD, parti de gauche par excellence au Canada, aurait remporté la mise.

Mais les vieux paradigmes ne tiennent plus depuis le début de cette campagne. Voilà qu'on observe régulièrement le Parti libéral, considéré jadis comme le «parti naturel» du Canada, dépasser les néo-démocrates sur leur gauche.

Jusqu'ici, Trudeau a eu le meilleur sur son rival néo-démocrate pour se présenter comme le «plus, plus anti-Harper» des deux chefs. Encore mardi, Trudeau a fait le coup du dépassement par la gauche à Mulcair. 

Alors que le NPD a «seulement» promis d'annuler les compressions conservatrices de 115 millions à CBC/Radio-Canada, le chef libéral est allé plus loin en promettant de remettre 150 millions dans les coffres de la société d'État.

À l'approche du débat des chefs en français de jeudi à Montréal, Trudeau a voulu s'assurer de pouvoir dire qu'il en ferait plus que son rival néo-démocrate pour réparer les pots cassés en matière de culture par Stephen Harper.

Question de se démarquer encore plus de Mulcair, le chef libéral a aussi promis de rehausser le financement de plusieurs organismes durement touchés sous le règne conservateur, comme l'Office national du film et le Conseil des arts du Canada. Il compte aussi rétablir des programmes de promotion de la culture abolis par Harper en 2008 malgré la grogne du milieu des arts.

***

Cette surenchère des deux chefs pour se positionner le plus loin possible de Stephen Harper sur l'échiquier politique a sa raison d'être.

On le sait, les principaux partis fédéraux sont engagés dans une lutte à trois serrée comme il ne s'en est jamais vu en politique canadienne.

Le jour où Trudeau ou Mulcair réussira à s'imposer comme le candidat anti-Harper par excellence, le ménage à trois cessera pour devenir une course à deux, note avec justesse Tasha Kheiriddin sur le site iPolitics.

Au Québec, ce sont les néo-démocrates de Jack Layton qui ont réussi à incarner le sentiment anti-Harper lors de l'élection de 2011, mettant fin à deux décennies de domination du Bloc québécois.

Depuis, le sentiment anti-Harper a pris une telle ampleur dans la Belle Province que des coalitions syndicales ont changé leur approche.

Au lieu de donner leur appui à une formation politique comme par le passé, ils exhortent désormais leurs membres à appuyer le candidat de leur circonscription le mieux placé pour empêcher l'élection d'un député conservateur.

Anybody but Harper, comme disent les Anglos.

S'il veut colorer en rouge la vague orange qui a balayé le Québec en 2011, Trudeau a intérêt à incarner le mieux possible le sentiment anti-Harper qui habite une majorité de Québécois. Il reste à voir si les libéraux ont opté pour une stratégie gagnante en virant «à gauche toute!» pour se distancer des conservateurs.

Jusqu'à maintenant, le projet des libéraux de faire trois modestes déficits pour financer leurs nombreuses promesses ne fait pas peur aux électeurs. Mais il faudra voir si ça change à mesure que les libéraux multiplient les engagements coûteux.

C'est que le déficit libéral commence à avoir le dos large. Juste mardi, les promesses de Justin Trudeau en matière de culture totalisaient des dépenses supplémentaires de 375 millions par année.

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