L'heure de vérité pour Mulcair

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Le cadre financier du NPD ne répond pas à toutes les questions, même s'il permet de mieux saisir les différences entre la proposition de Thomas Mulcair et celles des autres chefs.

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Voilà un bon moment que les sondages ne bougent pas d'un pouce et nous montrent les trois chefs, Harper, Mulcair et Trudeau, au coude à coude.

On attend toujours le game changer, comme disent les anglophones, le déclic qui viendra changer la donne et annoncera une tendance décisive au sein de l'électorat.

Qui sait, le tournant viendra peut-être du débat en anglais sur l'économie, jeudi soir à Calgary, où les chefs des principaux partis font escale depuis mercredi.

Des trois, c'est sans doute Thomas Mulcair qui a le plus à gagner, et le plus à perdre, de ce second débat des chefs depuis le déclenchement des élections.

Pour la toute première fois de l'histoire, les néo-démocrates ont une chance bien réelle de former le prochain gouvernement après le 19 octobre.

En raison de sa position de favori, Thomas Mulcair a essuyé plusieurs tirs de barrage depuis le début de la campagne.

Le chef néo-démocrate s'est fait reprocher, surtout au Canada anglais, une position trop conciliante sur la clarté référendaire, de même que la manière tordue dont il entend s'y prendre pour abolir le Sénat.

Jusqu'à maintenant, aucune de ces critiques ne semble coller à la peau du chef néo-démocrate. Pas au point, en tout cas, de compromettre ses chances de diriger le pays.

Pour le reste, l'essentiel des critiques que le chef néo-démocrate a eu à essuyer concerne la manière dont il entend financer des promesses totalisant plusieurs milliards - tout en évitant les déficits.

Il se pourrait donc très bien que le NPD joue rien de moins que sa campagne, ces jours-ci, alors que l'économie deviendra plus que jamais l'enjeu numéro un des débats.

Alors oui, c'est un peu l'heure de vérité pour Mulcair.

Car s'il y a une chose que Thomas Mulcair doit démontrer plus que tout autre pour espérer devenir premier ministre du Canada, c'est sa capacité à bien gérer les finances publiques du pays.

Même si Mulcair, et avant lui Jack Layton, ont recentré le NPD sur le spectre politique, le parti traîne une réputation de mauvais gestionnaire remontant au règne de l'ancien premier ministre Bob Rae en Ontario.

Stephen Harper n'hésite pas à jouer la carte du parti dépensier et gaspilleur pour nuire aux chances du NPD. De retour sur ses terres à Calgary mercredi, le chef conservateur s'est amusé à démoniser les néo-démocrates qui «détruiront» l'économie du pays si jamais ils prennent le pouvoir à Ottawa. Voilà qui donne le ton aux débats de jeudi soir.

Quant au cadre financier du NPD dévoilé mercredi, il ne répond pas à toutes les questions même s'il permet de mieux saisir les différences entre la proposition de Mulcair et celles des autres chefs.

Ainsi, le NPD promet quatre années consécutives de surplus (entre 3 et 4 milliards par année), un résultat qu'il compte obtenir en haussant la taxe sur les sociétés et en abolissant le programme de fractionnement des revenus mis en place par les conservateurs.

Maintenant, est-ce que le NPD ne risque pas de nuire à l'économie canadienne en haussant l'impôt des sociétés à un niveau supérieur à ce que proposent les conservateurs et les libéraux?

Là-dessus, Mulcair répond que le taux d'imposition demeure inférieur à celui des États-Unis et à celui en vigueur durant les 10 ans du règne de Harper.

D'autres questions demeurent sans réponse. Par exemple, à quelle vitesse les néo-démocrates pourront-ils développer leur programme national de garderie et augmenter les transferts en santé dans les limites de leur cadre financier? On l'ignore.

En définitive, c'est la crédibilité de ce cadre financier qui se retrouvera sur le gril lors du débat des chefs de jeudi soir. Il pourrait faire la différence dans l'esprit de bien des électeurs au moment du choix final.

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