La table est mise

Stephen Harper...

Agrandir

Stephen Harper

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La nouvelle ne pouvait mieux tomber pour Stephen Harper, à trois jours d'un débat des chefs sur l'économie à Calgary.

C'est confirmé, le Canada a renoué avec les surplus budgétaires un an plus tôt que prévu - après six déficits consécutifs.

Pour le chef conservateur, c'est enfin une occasion de pavoiser sur son terrain de prédilection, l'économie canadienne, après un douloureux début de campagne.

C'est un petit surplus, à peine 2 milliards sur un PIB de 2,4 trillions de dollars. Mais sur le plan politique, il vaut une fortune pour Harper.

Le chef conservateur a soudainement une occasion de mal faire paraître son adversaire Justin Trudeau et sa promesse de renouer avec un budget à l'encre noire... seulement en 2019. Déjà accusés d'être trop dépensiers, les libéraux se feront maintenant reprocher de mal lire les auspices de l'économie.

Quant à Thomas Mulcair, sa position reste inconfortable. On attend toujours de savoir comment le chef néo-démocrate entend concilier sa promesse d'un rapide retour au déficit zéro avec la mise en place d'un coûteux programme national de garderie.

Ceci dit, Harper lui-même devra répondre des sacrifices qu'il a consentis pour rééquilibrer si vite les finances du pays.

Trudeau lui reprochait lundi les coupes sombres dans les programmes aux anciens combattants, aux aînés et à l'assurance-emploi. Il aurait pu ajouter les 20000 postes éliminés dans la fonction publique fédérale depuis 2012.

On reproche aussi à Harper d'avoir délibérément dépensé moins vite les budgets des ministères, afin de pouvoir présenter un surplus à temps pour l'élection.

C'est le cas notamment chez Immigration Canada qui a retourné plus de 350 millions au Trésor public, ces trois dernières années, y compris plusieurs millions de dollars destinés à traiter des demandes de réfugiés au Canada.

Voilà qui pourrait faire mal paraître les conservateurs qui se font reprocher leur manque de compassion envers le sort des réfugiés syriens en Europe.

Et ce n'est pas la création tardive d'un fonds d'aide de 100 millions pour aider à résoudre la crise migratoire, tel qu'annoncé par le ministre Christian Paradis samedi, qui y changera grand-chose. La compassion sur le tard, ça manque de sincérité aux yeux de l'électorat.

Bref, la table est mise, et bien mise, pour le débat des chefs de jeudi.

***

Jean Chrétien a fait une incursion remarquée dans la campagne électorale, notamment pour dire sa honte de voir la réputation internationale du Canada ternie après 10 ans de régime Harper.

L'ex-premier ministre libéral n'a pas tort quand il rappelle que l'approche multilatérale du Canada lui a permis de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale depuis Lester B. Pearson.

Ce n'est peut-être pas tant la réputation du Canada sur la scène mondiale qui a le plus souffert de la présence de Harper. C'est surtout la perte d'influence du Canada sur les décisions prises par les grandes puissances qui est à déplorer.

Car oui, on peut reprocher bien des choses à l'Organisation des Nations unies, notamment, de légitimer la domination des grandes puissances sur les autres.

Mais pour une petite démocratie comme le Canada, c'est aussi une tribune d'où il est possible d'exercer une influence bénéfique auprès des États dominants.

En tournant le dos à l'ONU, Harper a opté pour une politique étrangère basée d'abord sur les impératifs économiques du pays, tout en renonçant à une partie de son pouvoir d'influence au niveau international.

Ça donne ce que ça donne: un gouvernement qui défend avec grandiloquence l'intervention armée contre les bandits du groupe État islamique - tout en vendant des armes à un régime autoritaire comme l'Arabie Saoudite et en passant sous silence les exactions du régime syrien de Bachar el-Assad.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer