Harper a limité les dégâts

Stephen Harper a réussi à limiter les dégâts en...

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Stephen Harper a réussi à limiter les dégâts en se campant solidement sur ses positions.

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Le plus étonnant, c'est que Stephen Harper est toujours dans la course malgré une première moitié de campagne absolument horrible.

Lui qui aime contrôler son message ne fait que réagir à des crises imprévues depuis le début de sa campagne. Il y a eu le procès Duffy, la récession technique et maintenant la crise des migrants...

Malgré tout, les conservateurs restent en vie, à quelques points de pourcentage de leurs deux principaux rivaux, selon le sondage quotidien de la firme Nanos. Comment Harper a-t-il pu survivre sans s'effondrer au bombardement en règle dont il a été la cible jusqu'ici?

Une partie de l'explication provient sans doute de ce qu'une bonne partie des gaffes commises par les conservateurs sont passées inaperçues. Pour bien des électeurs de retour de vacances, la campagne électorale ne fait que débuter...

L'autre chose, c'est que Harper a réussi à limiter les dégâts en se campant solidement sur ses positions. Il a nié toute responsabilité dans l'affaire Duffy, a contesté l'existence d'une récession au Canada et a maintenu la ligne dure sur la question des migrants.

C'est vrai, Harper n'a pas gagné d'appuis en refusant d'accueillir davantage de réfugiés syriens après la noyade du jeune Alan Kurdi sur une plage turque. Mais il n'en a sans doute pas perdu beaucoup non plus au sein de sa base électorale qui s'attend à ce qu'il résiste à un afflux subit de réfugiés musulmans.

D'ailleurs, le plan de Harper pour résoudre la crise migratoire au Moyen-Orient et qui consiste à combiner une intervention armée avec de l'aide humanitaire est le meilleur de l'avis du quart des Canadiens, révélait vendredi un sondage de Forum Research paru dans le Toronto Star.

Les propositions libérales et néo-démocrates ne recueillent, en comparaison, que 19% et 18% d'appuis selon le même coup de sonde. Et cela permet de comprendre un peu pourquoi les deux autres chefs ont été incapables de profiter de la position de faiblesse de Harper pour se démarquer.

L'affaire des réfugiés syriens est pourtant le genre de tournant qui peut s'avérer déterminant dans une campagne électorale, surtout quand le premier ministre sortant a donné l'impression de manquer de compassion envers une jeune victime.

Or, jusqu'à maintenant, Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont été incapables de marquer des points décisifs sur cette question, continuant de faire plus ou moins match nul sur le flanc gauche des conservateurs. Les deux chefs entretiennent un certain flou artistique sur la manière dont ils résoudraient la crise au Moyen-Orient, ce qui nuit à leur chance de distancer Harper.

De leur côté, les conservateurs ne se comptent pas pour battus. Ils ont fait appel à un stratège australien reconnu comme un spécialiste des wedge issues - soit la politique de la division - pour les conseiller. Harper, qui est déjà reconnu comme un fin stratège adepte du clientélisme électoral, semble donc s'engager encore plus dans cette voie pour espérer remporter un autre mandat.

Mulcair et Trudeau n'ont réussi, jusqu'ici, qu'à se diviser une volonté pourtant bien réelle de changement chez les Canadiens. Il leur reste encore cinq semaines de campagne et les débats des chefs pour marquer des points.

À moins que ce soit l'actualité internationale qui vienne de nouveau brouiller les cartes en s'invitant dans la campagne. S'il fallait que le service du renseignement canadien déjoue un attentat islamiste au Canada, Harper passerait soudain pour un héros...

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