Ruptures de ton

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Vous avez-vu les nouvelles pancartes du NPD?

Defeat Harper. Remplacer Harper, clament-elles.

Il y a quelque chose qui détonne dans ces affiches électorales brandies par des partisans enflammés mardi, lors d'un rassemblement pour acclamer le chef Thomas Mulcair à Montréal.

Elles marquent comme un changement de ton dans la campagne néo-démocrate qui cherchait, jusqu'ici, à incarner de manière positive la volonté de changement chez l'électorat. Sans tomber dans la publicité négative pure et dure, façon parti conservateur, le NPD verse soudainement dans un message plus revanchard, qui tient davantage de la partisanerie brute... Comme s'il y avait un peu moins de ce «bon vieux Jack» et un peu plus du bouillant Mulcair dans la stratégie néo-démocrate.

C'est peut-être aussi le signe que les choses se corsent alors que la véritable campagne électorale s'amorce cette semaine en vue du scrutin du 19 octobre.

J'imagine qu'au NPD, on a voulu fouetter les troupes avec des affiches appelant à défaire Harper. On a sans doute voulu exprimer un sentiment de ras-le-bol assez répandu au Québec à l'endroit du gouvernement conservateur. La semaine dernière, une candidate néo-démocrate me disait que c'est la phrase qu'elle entend le plus souvent sur le terrain: «Débarrassez-nous de Harper, il a fait assez de dommages comme ça...»

Mais en transcrivant aussi crûment l'expression du désabusement populaire sur ses affiches électorales, les néo-démocrates s'éloignent de l'effet Jack Layton qui a mené à la vague orange au Québec. Quand on parle de «défaire» quelqu'un, on ne verse pas directement dans la publicité négative. Mais on tombe assurément du côté sombre de la Force - pour employer une allégorie à la Star Wars.

Avec cette incitation à «remplacer» Harper - qui ressemble à un appel au vote stratégique! - les néo-démocrates parient que les électeurs ont admis que Thomas Mulcair est le plus apte à remplacer Stephen Harper à la tête du gouvernement.

Or c'est loin d'être acquis. Un sondage de l'Institut Nanos divulgué mardi place néo-démocrates et libéraux en tête des intentions de vote avec moins de 2% d'écart.

Même si on est loin d'une «vague rouge», les libéraux remontent dans les sondages et jouissent d'une certaine initiative depuis que Trudeau a été le seul chef des trois principaux partis à proposer de relancer l'économie au prix d'un retour tardif à l'équilibre budgétaire. S'il fallait que les libéraux réussissent à s'imposer comme le parti du changement, tout le château de cartes du NPD pourrait s'écrouler très rapidement.

Sur le terrain, c'est le pari que font des stratèges libéraux. La semaine dernière, un candidat libéral m'affirmait que l'effet Jack Layton s'est dissipé, et qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que des votes qui sont allés au NPD en 2011 reviennent dans le giron libéral.

Tout cela reste à vérifier, évidemment. Il reste encore six longues semaines de campagne d'ici au jour du scrutin. Surtout qu'une lutte sans merci entre le NPD et les libéraux pourrait diviser le vote du changement... et profiter ultimement à Stephen Harper. Ça s'est vu par le passé! Parlant des conservateurs, ils traînent en troisième place dans les sondages, en recul depuis leur tiède réponse de la semaine dernière à la crise des migrants en Europe. Fait à noter, de nouvelles publicités conservatrices admettent maintenant que Stephen Harper est loin d'être parfait... tout en le vantant comme le champion de l'économie.

N'empêche... Harper qui admet des torts? Lui qui a obstinément nié toute responsabilité dans l'affaire des dépenses injustifiées du sénateur Duffy alors que plusieurs membres de son cabinet étaient au courant? Ça aussi, c'est un changement de ton.

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