Last call pour le train à vapeur

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Et là, comme par miracle, un promoteur sortirait de nulle part pour dire: je vais vous le sauver, moi, votre train touristique?

Il y a longtemps que j'ai cessé de croire aux miracles.

Après des années d'études et d'efforts pour relancer le train touristique, on est rendu au last call. Le comité de relance a 60 jours pour trouver un promoteur intéressé à exploiter le train touristique. Sinon, la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO) vendra le train dont elle est la propriétaire.

Et j'ai presque le goût de dire: enfin.

Parce que les dernières démarches pour relancer le train à vapeur sur le trajet Masson-Angers et Montebello tiennent de l'acharnement thérapeutique.

Pour des raisons qui lui appartiennent, le président du comité de relance, Marc Carrière, a décidé que c'était sur ce tracé, et nulle part ailleurs, qu'allait se jouer l'avenir du petit train.

On a beau lui objecter que le trajet retenu est trop long, que la gare de Masson est située trop loin d'un pôle touristique, rien n'y fait.

Son idée est faite au point d'exclure toutes les autres, y compris l'hypothèse d'un trajet plus court entre Montebello et Plaisance, qui mériterait pourtant d'être étudié.

***

Au lieu de faire preuve d'ouverture, Marc Carrière s'est accroché farouchement à un plan d'affaires qui, d'après ce qu'on en sait, risque de dérailler.

D'après ce document, un train entre Masson-Angers et Montebello atteindrait la rentabilité dès la première année avec un achalandage de 32 000 visiteurs.

Sauf que pour atteindre la rentabilité si vite, le projet de 8,6 millions devrait être financé à 80 % par des fonds publics. Tout ça alors qu'on manque d'argent pour nos hôpitaux et nos écoles.

Remarquez, ça n'a pas empêché les députés de l'Outaouais, pourtant partie prenante de ce gouvernement d'austérité, d'appuyer sans réserve le scénario du comité de relance.

L'injection massive de fonds publics dans la relance du train touristique pourrait se justifier si on démontre que les retombées économiques surpasseront l'investissement initial.

Mais jusqu'ici, on ne dispose pas de données crédibles là-dessus. Seulement des prévisions d'achalandage, soit 65 000 visiteurs par année, elles-mêmes sujettes à caution.

De toute évidence, les projections du plan d'affaires Masson-Angers/Montebello sont basées sur le même modèle que l'Orford Express. Or le train touristique des Cantons-de-l'Est roule dans des conditions différentes d'ici, rendant la comparaison un peu douteuse.

***

Le dernier arrêt approche donc à grands pas pour le petit train. D'ici novembre, on saura si un promoteur souhaite investir 1,7 million $ pour le relancer.

Mais jusqu'ici, personne ne se bouscule au portillon malgré la promesse d'un projet financé à 80 % par des fonds publics.

À la tête du comité de relance, Marc Carrière joue gros en se faisant le champion du seul tracé Masson-Angers et Montebello.

Il a forcé bien du monde, y compris à la CCFO et chez Tourisme Outaouais, à lui donner beaucoup de corde. Voyons maintenant s'il évitera de se pendre avec.

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