L'Outaouais sexy

C'est beau l'Outaouais. Et unique de par cette... (Martin Roy, LeDroit)

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C'est beau l'Outaouais. Et unique de par cette proximité du rural et de l'urbain.

Martin Roy, LeDroit

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On se plaint souvent que l'Outaouais n'existe pas pour des millions de touristes qui foulent son sol sans même s'en rendre compte.

La région a toujours eu de la misère à se définir, plongée comme elle l'est dans l'ombre de sa voisine Ottawa. Une crise d'identité compliquée par cette fusion des cinq villes de Gatineau en une seule, il y a moins de 15 ans.

On n'existe pas et c'est choquant.

J'ai eu jadis une blonde de Montréal qui préférait dire à ses amis de Montréal qu'elle sortait avec un gars d'Ottawa. Pour elle, Gatineau et Brossard, c'était du pareil au même. Rien de sexy. De banales banlieues à peine digne de mention.

Pourtant, c'est beau l'Outaouais. Et unique de par cette proximité du rural et de l'urbain. Quand je suis arrivé dans la région, je n'en revenais pas de cet immense parc de la Gatineau à cinq minutes du centre-ville.

Quand je me suis établi, j'ai dû visiter presque tous les attraits touristiques de la région. Les Grands Feux du Casino que j'adore, le Casino qui ne me dit rien du tout, le Festival de montgolfières que j'ai délaissé quand il a largué son cachet international pour devenir une foire familiale. J'ai pédalé jusqu'à Montebello et dormi dans des bed and breakfast du Pontiac. Du temps où il roulait encore, j'ai voyagé dans le train à vapeur jusqu'à Wakefield.

Et puis, c'est bien situé l'Outaouais. À côté d'Ottawa, la capitale fédérale, avec son Parlement, le marché By, ses musées. Ils ont d'ailleurs ce superbe musée à Ottawa, le plus fréquenté au pays, le Musée canadien de l'histoire...

Je blague, tout le monde à Gatineau sait que le musée de l'histoire est à Gatineau. L'ennui, c'est que les touristes l'ignorent. Il n'y a pas de pancarte à l'entrée du musée qui dit: «Mesdames et messieurs, bienvenue à Gatineau.» Et comme personne n'a la bonne idée de leur dire que Gatineau existe, les touristes repartent en autobus vers Ottawa sans se douter qu'ils ont mis le pied chez nous.

Je sais, c'est rien de neuf.

D'ailleurs, quand j'ai écrit cette chronique intitulée «Gatineau n'existe pas» en juillet, vous avez été nombreux à me le rappeler: «Quoi, tu t'étonnes? Y'a rien de nouveau, Gatineau n'a jamais existé que dans l'ombre d'Ottawa.»

Mais je connais quelqu'un qui veut changer ça.

***

Tourisme Outaouais sort d'une crise de gouvernance qui s'est conclue par le départ de Gilles Picard, son directeur général des 25 dernières années. Pour le remplacer, l'organisme a retenu les services de France Bélisle, une ex-journaliste de Radio-Canada.

«Mon défi, et aussi un de mes dadas, c'est la notoriété de la région. Ça me choque qu'on soit si peu connu et si peu considéré comme une région intéressante», lance la femme de 37 ans, née dans le quartier Saint-Jean-Bosco, dans le secteur Hull.

Choisie parmi une trentaine de candidats, France Bélisle incarne un virage chez Tourisme Outaouais. D'ici 2020, l'organisme compte revoir toute sa stratégie de mise en marché pour connaître la meilleure croissance touristique au Québec.

Sur le principe que «le succès attire le succès», on misera résolument sur les attraits et les événements qui marchent fort pour attirer de nouveaux visiteurs en Outaouais, en faisant le pari que tous les autres en profiteront.

Le nouveau modèle d'affaires risque de faire grincer des dents chez Tourisme Outaouais, où les membres avec les plus gros budgets de publicité ont l'habitude d'en mener large.

Même si ce n'est pas le mandat premier de Tourisme Outaouais, France Bélisle aimerait aussi trouver le moyen de stimuler la fierté régionale dans ses campagnes de promotion.

«Les meilleurs ambassadeurs de l'Outaouais sont les gens de l'Outaouais», dit-elle, convaincue que si on fait miroiter aux gens les succès de leur région, ils seront les premiers à y attirer des visiteurs.

France Bélisle parle d'ajouter un élément showbiz à la promotion de l'Outaouais et d'y aller carrément avec le grand jeu de la séduction. «C'est de rendre l'Outaouais sexy», résume-t-elle.

Sexy, l'Outaouais? Pourquoi pas, après tout.

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