Maudite bonne question

Le maire Pedneaud-Jobin joue gros politiquement en refusant... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le maire Pedneaud-Jobin joue gros politiquement en refusant de dérouler le tapis rouge à une organisation aussi prestigieuse que les Olympiques de Gatineau. Surtout dans un pays où le hockey confine parfois au statut de religion.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Est-ce que les Olympiques de Gatineau croient assez en leur produit pour investir de leur propre poche dans la construction d'un nouvel amphithéâtre?

C'est une maudite bonne question que leur pose le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Comme disent les Anglais: «Put your money where you mouth is.»

Jusqu'à maintenant, les Olympiques de Gatineau se sont montrés bien prompts à réclamer l'aide des gouvernements pour financer la construction d'un nouvel amphithéâtre. Mais on attend toujours de savoir combien le club lui-même est prêt à investir dans son propre avenir à Gatineau.

«Aux Olympiques de démontrer qu'ils croient en eux-mêmes. Pas question que les contribuables paient toute la facture», insiste le maire.

Le maire Pedneaud-Jobin joue gros politiquement en refusant de dérouler le tapis rouge à une organisation aussi prestigieuse que les Olympiques de Gatineau. Surtout dans un pays où le hockey confine parfois au statut de religion.

Si jamais les Olympiques devaient mettre leur menace à exécution et déménager dans une autre ville, il s'en trouvera plusieurs pour s'assurer que Maxime Pedneaud-Jobin en paie le prix fort à la prochaine élection municipale.

En même temps, le maire prend un risque calculé en tenant tête aux Olympiques. Il a très bien compris que l'époque où la vie des Gatinois tournait autour des performances de son club de hockey junior est révolue.

Les Olympiques sont loin d'être le centre d'attraction dans une région comme la capitale fédérale qui compte de nombreuses équipes sportives de calibre professionnel. Le hockey lui-même n'est plus la seule option s'offrant à la relève sportive qui s'adonne désormais à une foule d'autres sports, notamment le soccer.

Dans ce contexte, la construction entièrement aux frais des contribuables d'un nouvel aréna destiné principalement aux Olympiques n'a aucun sens pour bien des Gatinois. Et ça, le maire Maxime Pedneaud-Jobin l'a très bien compris.

Si les Olympiques souhaitaient le faire plier avec la menace d'un déménagement, ils vont en rester pour leur frais. Le maire veut bien garder les Olympiques à Gatineau - mais pas à n'importe quel prix. Et il va tenir son bout là-dessus.

***

D'ailleurs, cette façon de forcer l'entreprise privée à se compromettre financièrement dans les projets est en train de devenir la marque de commerce de l'administration Pedneaud-Jobin.

Le maire joue la même carte dans le dossier de la relance du train touristique entre Masson-Angers et Montebello. Un peu comme avec les Olympiques, il exige que le secteur privé investisse un montant «significatif» dans l'exploitation du train à vapeur avant d'engager des fonds publics dans l'aventure.

«De cette manière, on veut savoir si le projet marche, si on sera capable de le rentabiliser ou si ce sera un puits sans fond», a expliqué le maire.

Encore une fois, de maudites bonnes questions.

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