La French Connection

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

À force d'entendre parler de l'attente interminable dans les urgences, de la pénurie de médecins et des piètres conditions de vie dans les CHSLD, on en vient à penser que le système de santé du Québec est le pire au monde.

Et pourtant...

En France, il s'en trouve pour penser que le système québécois n'est pas si mal. À tel point que plusieurs médecins français n'hésitent pas à laisser derrière eux des pratiques médicales bien établies pour s'expatrier au Québec avec femmes et enfants.

« Plus personne ne veut pratiquer la médecine de famille en France », raconte le docteur Arnaud Desbordes. Après 14 ans de pratique, ce médecin de 43 ans a fermé son cabinet médical de Brive-la-Gaillarde, au nord de Toulouse, pour s'expatrier en Outaouais avec sa famille.

Arnaud Desbordes n'avait plus de plaisir à pratiquer la médecine en France. Il en avait marre des heures de travail interminables, du peu de reconnaissance des patients et d'un mode de paiement à l'acte qui favorise les consultations à la chaîne. « C'était devenu de la médecine expresse. J'ai tout laissé tomber. J'ai fermé mon cabinet médical et laissé mes patients », poursuit-il.

Il a mis le cap sur le Québec, convaincu que les médecins québécois ne sont pas encore tombés dans le piège de la médecine-minute.

« Dans mon cas, on parle carrément d'un changement de vie, reprend Arnaud Desbordes. Oui, il y a le côté professionnel. Mais il y a aussi la famille qui va suivre ici, ma conjointe et mes trois enfants de 4, 7 et 10 ans. On laisse derrière nous une certaine sécurité. Et on s'aperçoit du challenge que ça représente. Si je rate mon affaire, il peut y avoir des conséquences. Mais c'est une pression assez positive. T'as pas le choix de réussir. »

•••

C'est ainsi que le Dr Desbordes s'est retrouvé en stage à l'Hôpital de Hull.

Il y a retrouvé deux autres médecins français, Nicolas Gillot et Laurence Nguyen. À trois, ils forment un genre de French Connection ! Tous ont emprunté la voie de cet accord Québec-France sur les arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM).

Depuis 2010, l'Outaouais a recruté une dizaine de nouveaux médecins français via les ARM, une sorte de procédure accélérée qui leur permet d'obtenir rapidement l'autorisation de pratiquer au Québec.

Nicolas Gillot, 39 ans, a été de la première vague des ARM. Le premier des trois médecins à abandonner sa pratique à Nancy, en France, pour faire le saut en Outaouais avec sa femme Laurence et leurs trois enfants.

Trois ans plus tard, sa famille et lui se sont parfaitement intégrés à la société québécoise et il parle avec ferveur de l'Outaouais comme de sa région d'adoption.

Un peu par la force des choses, le Dr Gillot est devenu le point de contact de la filière franco-québécoise en Outaouais. Le Collège des médecins aiguille vers lui les stagiaires français, sachant que son expérience pourra leur être utile. Sans être officiellement un maître de stage, Nicolas Gillot aide du mieux qu'il le peut ses compatriotes.

« Mine de rien, le fait d'être passé là-dedans, je sais où ils ont besoin d'aide, dit le Dr Gillot. Je le vois un peu comme un retour d'ascenseur. L'Outaouais m'a donné une chance alors j'aide l'Outaouais à avoir de nouveaux médecins. »

Le Dr Gillot était venu au Québec avec l'espoir de pratiquer la médecine dans un système moins cloisonné qu'en France où il oeuvrait au sein d'une unité de médecine mobile.

Trois ans après, est-ce que le Québec a répondu à ses attentes ?

« Je ne suis plus dans un niveau de comparer la France et ici, répond-il. Je suis un convaincu de l'Outaouais. C'est ma région d'adoption et elle mérite qu'on s'occupe d'elle. Les médecins des différentes instances, on travaille pour améliorer les choses. On a des problèmes et on travaille avec. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer