Tout feu, tout flamme

C'était la première fois que j'allais voir les Grands Feux du Casino du... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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C'était la première fois que j'allais voir les Grands Feux du Casino du Lac-Leamy depuis le déménagement au Musée canadien de l'histoire.

Et j'ai été soufflé.

Non pas tant par la splendeur des feux d'artifice (c'était l'Espagne samedi dernier) que par la majesté du nouveau site, une sorte d'amphithéâtre naturel entre le musée le plus fréquenté au pays et le parlement canadien.

Comme c'est mon habitude chaque fois que je vais aux Grands Feux, j'avais payé le plein prix pour avoir des places assises pour ma famille. Tant qu'à sortir, je préfère être bien installé pour savourer au maximum du spectacle.

Et on l'était, bien installés. Assis face à la rivière, avec le pont Alexandra à notre gauche, le parlement sur l'autre berge, et la barge des Grands Feux qui flottait dans le courant juste devant nous. C'est de là que sont parties en sifflant les premières bombes sur l'air de Desert Rose de Sting.

C'était la première fois que mon fils assistait aux Grands Feux: «Tu vas voir, fiston, ça n'a rien à voir avec le feu d'artifice du 1er juillet. La musique fait toute la différence. Des feux d'artifice qui explosent au rythme de la musique, c'est fabuleux.»

Et ça l'était. Même si, pour être franc, le synchronisme des artificiers espagnols n'était pas toujours au point samedi soir. N'empêche, et pardonnez-moi le jeu de mots facile: fiston et sa soeur n'y ont vu que du feu.

•••

Pour ma part, j'entretenais des doutes sur le choix du nouvel emplacement.

J'aimais bien le site original des Grands Feux, au parc du lac Leamy. La présence du lac permettait aux artificiers d'exploiter toutes sortes de jeux de lumière sur l'eau.

Mais mes réticences se sont vite dissipées samedi soir.

Montréal et Québec ont des endroits magnifiques pour faire exploser leurs grands feux à l'île Sainte-Hélène et aux chutes Montmorency.

Gatineau n'a plus rien à leur envier.

Des artificiers qui peignent le ciel avec, en toile de fond, les tours du parlement dressées dans le crépuscule, c'est un produit assez exceptionnel merci.

Un produit touristique unique en son genre qui m'a pourtant semblé... sous-exploité.

Pour avoir fouiné sur le site pendant une bonne heure et demie avant le spectacle de samedi, j'ai eu la nette impression que la clientèle sur place était majoritairement locale.

Or, comment se fait-il qu'un événement de cette envergure n'attire pas davantage de touristes et de gens de l'extérieur de la région?

Le créateur et directeur des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy, Claude Hamelin, concède que le premier des cinq soirs de spectacle est souvent fréquenté par une clientèle plus locale. «Mais dans l'ensemble, je suis convaincu qu'on attire autant de gens de la région d'Ottawa-Gatineau que de gens de l'extérieur. C'est 50-50» évalue-t-il.

•••

Claude Hamelin n'a pas d'études de marché en main chiffrant précisément l'impact touristique de son événement. N'empêche: il faut être aveugle pour ne pas déceler l'immense potentiel des Grands Feux.

Malgré tout, il s'en trouve à la Ville de Gatineau pour remettre en question l'appui financier et technique d'une valeur de 275000 $ à l'événement. Je n'ai rien contre une bonne remise en question. Ce qui me chicote, c'est quand j'entends dire que certains élus de Gatineau voudraient faire des Grands Feux un événement plus... local.

Pardon?

Bien oui, ça chicoterait certains conseillers de voir des gens d'Ottawa et d'ailleurs profiter, souvent gratuitement, d'un spectacle financé massivement par les contribuables gatinois.

Aux dernières nouvelles, les Grands Feux attirent pourtant des milliers de personnes dans un centre-ville où Gatineau cherche justement à insuffler un regain de vie. D'accord, la majorité de ces gens repart aussitôt la grande pétarade terminée. Il reste à trouver un moyen de les retenir au centre-ville et à les faire dépenser dans les commerces de la Place Aubry et de la rue Montcalm.

Mais alors, comment se fait-il que les marchands du centre-ville soient si peu présents sur le site? J'ai vu un stand où l'on vendait des queues de castor, un autre tenu par un saucissier gatinois, mais à part ça, ils brillaient par leur absence. Pourquoi est-ce qu'on n'organise pas une navette vers les commerces de la Place Aubry ou de la rue Montcalm?

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