Tel père, telle fille

Catherine Madore-Thibault et son père André ont passé... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Catherine Madore-Thibault et son père André ont passé une journée de patrouille ensemble.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Un père et sa fille, tous deux policiers en Outaouais, ont vécu une expérience inusitée qu'ils ne sont pas prêts d'oublier. Ils ont patrouillé en duo, le temps d'un quart de travail fertile en action et en émotions.

La particularité de l'aventure, c'est que le lieutenant André Thibault et sa fille Catherine Madore- Thibault n'oeuvrent pas au sein du même corps policier.

Le lieutenant Thibault, 47 ans, est un vétéran de la Sûreté du Québec. Alors que sa fille Catherine, 21 ans, compte un peu plus d'un an de service au sein de la police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais.

Le paternel était fier de voir sa fille suivre ses traces au sein des forces de l'ordre. «Dès que je suis rentrée dans la police, mon père a dit: il faut organiser une patrouille père-fille. Et comme il prend sa retraite au mois de septembre, c'était le moment ou jamais», raconte l'agente Madore-Thibault.

Les formalités administratives ont vite été expédiées. Le lieutenant Thibault a obtenu l'autorisation d'accompagner sa fille comme policier actif lors de son quart de travail, le samedi 4 juillet dernier.

C'était un retour aux sources pour le père qui n'était pas retourné sur la patrouille depuis 15 ans. Il a réalisé que les choses ont bien changé depuis le temps.

Au briefing du matin, il était le seul homme au sein des sept patrouilleurs présents. «Excepté le sergent et mon père, c'était juste des filles ce matin-là», raconte Catherine Madore-Thibault.

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Au moment d'embarquer dans l'autopatrouille, Catherine a mis les choses au clair. «Elle m'a bien expliqué que puisqu'on prenait son char, c'était elle le boss, c'était elle qui donnait les consignes», raconte le lieutenant Thibault, sourire en coin.

Le père et la fille ignoraient de quoi leur journée serait faite. Ils ont droit à la totale: un accident majeur, une opération de secours, un appel de détresse... À peine s'ils ont eu le temps d'avaler un morceau durant la journée.

En matinée, ils ont dû secourir la victime d'une chute à vélo dans le parc de la Gatineau. Comme la personne était cardiaque, ils ont fait le plus vite possible. Du coup, ils ont couru plus d'un demi-kilomètre dans le bois avec la trousse de premiers soins sous une chaleur accablante. «On suait à grosses gouttes. À un moment donné, j'ai dit à mon père: prends la trousse, moi je vais courir, et tu viendras me rejoindre», raconte Catherine, qui est plus en forme que le paternel...

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Après, ils ont eu à peine le temps d'attraper un hamburger qu'ils repartaient à l'autre bout du territoire. Un appel de détresse. Un jeune enfant est impliqué. Père et fille se sont retrouvés à faire du gardiennage alors que les parents étaient occupés à l'hôpital. «C'était une petite fille de 5 ans. Je suis resté avec elle une demi-heure. On a fait des dessins, je lui ai fait des couettes», raconte Catherine. Quand elle s'est absentée pour aller au rapport, le lieutenant Thibault est demeuré seul avec la fillette. «Je priais pour qu'elle ne me demande pas d'aller aux toilettes. Je n'aurais pas trop su quoi faire!» admet-il candidement.

Cette journée-là, ils ont encore dû intercepter un véhicule suspect et intervenir sur la scène d'un gros accident impliquant trois véhicules dans le secteur Perkins. Ils ont fini leur journée à 21h30, après 14 heures de travail ininterrompu, complètement brûlés. Mais ravis de leur expérience.

«J'ai adoré, raconte le lieutenant Thibault. On a eu du plaisir, on a jasé d'un paquet de techniques. Ce fut un bon retour aux sources. Ça m'a rappelé pourquoi je m'étais engagé dans la police il y a 25 ans. Et aussi pourquoi je ne suis plus sur la patrouille!»

«J'ai trouvé que nous avions des approches très complémentaires, relate pour sa part Catherine. En raison de son expérience, mon père a pensé à des choses que je n'aurais jamais pensé faire. En contrepartie, je connais mieux mon territoire, la nouvelle façon d'intervenir et les nouvelles technologies.»

Vont-ils retenter l'expérience? «C'est la question que je me posais, concède André Thibault. Mais non, je ne pense pas. Rien n'égalera jamais cette journée-là.»

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