Le retour aux sources

Caroline Paquette et Roch Bertrand ont lancé L'As... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Caroline Paquette et Roch Bertrand ont lancé L'As des Jeux à Gatineau.

Étienne Ranger, LeDroit

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C'est fou la variété et la complexité des jeux disponibles sur les tablettes électroniques. Rien à voir avec les jeux de société de mon enfance...

Dans mon jeune temps, on jouait à Risk ou à Clue en lançant de vrais dés et en avançant des pions de plastique. Il fallait se lécher le doigt pour compter les billets de banque au Monopoly.

Les jeux de société, ça se passait autour d'une table, avec des personnes en chair et en os. Ça riait, ça gueulait fort, ça se chicanait même des fois... Mais il y avait quelque chose de rassembleur là-dedans. De profondément humain aussi.

Alors qu'aujourd'hui...

Quand je vois mes enfants concentrés sur leur tablette à jouer à Minecraft ou à Clash of Clans, je suis à la fois émerveillé et terrifié par le monde à leur portée.

Ils peuvent jouer en ligne avec des centaines de personnes et découvrir des univers fascinants.

En même temps, je me dis qu'on a perdu quelque chose en transitant ainsi du bon vieux jeu de table de mon enfance aux jeux de tablettes.

Le jeu de société était d'abord un prétexte pour passer du bon temps ensemble. Il était même un peu mal vu de chercher à gagner à tout prix si on voulait préserver un semblant d'harmonie autour de la table...

Alors que le jeu en ligne a quelque chose d'impersonnel, de déconnecté de la réalité.

Je ne dois pas être le seul nostalgique à en juger par le nombre de commerces qui cherchent à réhabiliter le jeu de société traditionnel.

Il y a le resto-pub Échec et Malt à Gatineau, mais aussi le Loftlounge et le Monopolatte à Ottawa.

«On cherche à faire redécouvrir aux gens le plaisir de jouer à des jeux de société», explique Caroline Paquette qui a lancé L'As des Jeux à Gatineau en compagnie de son conjoint Roch Bertrand.

Ouvert depuis trois mois sur le boulevard Gréber, le commerce se spécialise dans la vente de jeux de seconde main. Plus de 1000 jeux complets se trouvent sur les tablettes. Certains datent de plus d'un demi-siècle comme ce jeu de Yathzee, cuvée 1956.

Dans l'arrière-boutique, 2000 autres jeux attendent d'être complétés avant la mise en vente.

L'As des Jeux se distingue par son volet familial. Parents et enfants peuvent y essayer des jeux sur place, moyennant un prix d'entrée modique. Des animateurs sont présents pour expliquer les règles.

«Étant nous-mêmes parents de trois jeunes enfants, on sait qu'il n'est pas facile de sortir de la maison pour faire des activités à prix abordables. Donc l'idée, c'était d'offrir une sortie familiale à moins de 20$.»

Les gens peuvent amener leur lunch. La salle de jeu est vaste. Il y a même des chaises hautes, des casiers et une table à langer.

Et vous, Mme Paquette, vous trouvez qu'on a perdu quelque chose avec la décote des jeux de table?

«Chose certaine, c'est rendu de nouveau cool de jouer à des jeux de société. Il y a comme un retour aux sources», dit-elle.

«J'ai des clients qui ont des collections de 600 jeux à la maison, d'autres qui en achètent toutes les semaines et qui suivent l'actualité pour connaître les dernières sorties.»

«Environ 1000 nouveaux jeux sortent chaque année. Et quand l'économie a tourné au ralenti en 2008-2009, c'est la seule industrie du divertissement qui a continué d'augmenter en matière de revenus.»

«Beaucoup de gens viennent ici pour retrouver un vieux classique de leur enfance et rien ne me fait plus plaisir que d'appeler un client pour lui dire: on a trouvé le jeu que tu voulais!»

«En même temps, on essaie de leur faire découvrir autre chose. On vend aussi des jeux neufs. Les graphiques, la qualité du matériel, la complexité des jeux, tout ça s'est beaucoup amélioré.»

«On parle maintenant de jeux coopératifs, il y a des jeux avec des trames sonores, d'autres qui allient à la fois le jeu de table et la tablette électronique...»

«Chose certaine, quand les enfants sont ici, ils ne pensent plus du tout à leur tablette», assure Mme Paquette.

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