Coup de foudre divin

L'entrepreneur Benoit Beaulieu est tombé en amour avec... (Patrick Duquette, LeDroit)

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L'entrepreneur Benoit Beaulieu est tombé en amour avec l'architecture du bâtiment

Patrick Duquette, LeDroit

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Dans le village de Quyon, le bruit courait que le nouveau propriétaire de l'église anglicane St. John allait convertir l'ancien lieu de culte... en bar de danseuses.

Benoit Beaulieu rit encore quand il évoque l'anecdote. La rumeur était fausse. C'est un de ses ouvriers, affecté à la réfection de l'église, qui s'était amusé à faire courir le bruit dans le village.

«Il a raconté ça à la dame du stand à patates. Puis il a répété la même chose en allant dîner au bar irlandais. C'est drôle, parce que les vieux du village lui demandaient quand ça allait ouvrir!»

Le croirez-vous, mais il y a trois églises à Quyon. Trois églises dans un patelin qui compte un peu plus de 700 âmes! M. Beaulieu, un entrepreneur en construction de Gatineau, a acheté l'église St. John sur un coup de tête, en novembre2013.

Un achat qu'il a fait non par conviction religieuse - vous l'aurez deviné -, mais en raison d'un coup de coeur pour l'architecture du petit bâtiment pittoresque aux solides murs de pierre. «J'ai eu un coup de foudre», raconte-t-il.

Complètement conquis par la beauté des lieux, l'entrepreneur de 43 ans a acheté l'église contre l'avis de ses connaissances et de ses partenaires d'affaires, qui jugeaient le bâtiment trop délabré et trop loin de la ville.

Mais lui, il était bien décidé à mettre temps et argent pour retaper l'église avec l'intention d'y emménager avec femme et enfants. «Moi, c'est le challenge de rénover cela qui m'allumait», raconte-t-il.

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N'empêche, il fallait quand même un certain culot pour acheter une église construite entre 1881 et 1885. Le bâtiment était désaffecté depuis plusieurs années déjà. Pigeons et chauves-souris avaient envahi le clocher...

«L'église avait besoin de beaucoup d'amour», concède M. Beaulieu. Il dit y avoir investi 200000$ de sa poche pour la remettre en état, effectuant les travaux avec l'aide de son beau-frère et de sous-traitants. Tout ça en sus du coût d'achat initial de 160000$.

Aujourd'hui, un grand bar en bois a pris place à l'arrière de l'église. L'autel a cédé la place à une discrète chaîne stéréo. Mais pour le reste, on a toujours l'impression de pénétrer à l'intérieur d'une vieille église.

Les vitraux d'origine sont toujours là - certains datent des années 1920. Tout comme le plancher original et les murs de pierre d'une épaisseur de deux pieds.

Le sous-sol a été refait de fond en comble pour accueillir une cuisine, une salle de jeux et les chambres. M. Beaulieu en a fait une espèce de grande pièce à aire ouverte.

Il a mis en valeur les fantastiques poutres en hêtre toutes d'une pièce d'une longueur de 20 pieds qui se cachaient sous le revêtement du plafond. «Il ne s'en fait plus des poutres comme celle-là», dit-il, pétri d'admiration pour les techniques de fabrication d'autrefois.

La cloche en fonte, datée de 1890, est demeurée dans le clocher qui a été nettoyé de fond en comble. Son beau-frère a construit un escalier en colimaçon avec des marches en contreplaqué russe pour y accéder. On y a vue sur la rivière des Outaouais qui coule en contrebas.

C'est pas compliqué, M. Beaulieu a pratiquement tout refait à l'intérieur de l'édifice. La plomberie, l'électricité, l'isolation...

Il l'avoue lui-même, il s'est laissé prendre au jeu et n'a pas regardé à la dépense. «Je voyais tout le potentiel que cet endroit recelait et je voulais faire quelque chose de bien fait, tout en respectant l'ancienne vocation des lieux. Et je crois que j'y suis arrivé.» Et là, vous savez quoi? Il veut vendre. Après s'être donné tout ce trouble.

«Ben oui, dit-il un peu piteux. J'ai réalisé que c'était trop loin de la ville. Mes amis me l'avaient bien dit! Mais j'ai fait à ma tête, j'avais eu le coup de foudre. Avec les maisons, je suis comme une femme qui veut toujours de nouveaux souliers. Moi, il me faut toujours une nouvelle maison à rénover!»

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