Pourquoi pas ailleurs?

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Et si on la plantait ailleurs que devant le Musée canadien de l'histoire, la fameuse tour de 55 étages de Brigil?

La question se pose.

Après tout, il y a bien d'autres terrains au centre-ville d'où il serait possible d'offrir aux touristes une vue imprenable sur le parlement - sans plonger dans l'ombre un quartier pittoresque de Gatineau.

Pour l'instant, c'est une éventualité que refuse d'envisager le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins. Mais il devra peut-être y songer si jamais les résidents du quartier du Musée persistent à s'opposer à son projet.

M. Desjardins a besoin de l'appui du voisinage pour obtenir le changement de zonage lui permettant de bâtir son projet de 400 millions, rue Laurier.

Or jusqu'à maintenant, l'appui des résidants du quartier du Musée semble loin de lui être acquis. Surtout qu'hier, l'ex-conseiller Claude Bonhomme a déclaré à son tour la guerre aux tours de Brigil qu'il a comparé à des «immeubles en marshmallow»...

La partie est donc loin d'être gagnée pour Gilles Desjardins.

D'où la question de départ: pourquoi ne pas construire l'hôtel et la tour d'observation ailleurs que devant le Musée canadien de l'histoire?

Jamais on n'a envisagé un autre emplacement pour les tours de Brigil alors que ce serait une façon bien commode de dénouer le noeud gordien. Ce ne sont pas les terrains en friche qui manquent le long du ruisseau de la Brasserie et sur la rue Montcalm.

Plusieurs de ces terrains sont de propriété municipale. Qu'est-ce qui empêcherait Gatineau et Brigil de négocier un échange de terrain?

C'est vrai, la rue Montcalm est à une certaine distance du parlement. Mais si une tour d'observation au 55e étage n'est pas suffisante à cet endroit, qu'on autorise du 60 ou du 65 étages. Sur Montcalm, la hauteur risque moins de poser problème qu'à proximité du Musée.

Et puis, le projet de Brigil ne fait rien pour amener les touristes jusqu'au coeur du centre-ville. Il y a fort à parier que les visiteurs resteront encore une fois en périphérie de Gatineau, sans contribuer à la relance.

En mettant les tours de Brigil sur Montcalm, il y aurait peut-être moyen de créer un véritable itinéraire touristique vers l'intérieur du centre-ville.

L'idée vaut la peine d'être étudiée, non?

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Que dit Gilles Desjardins de tout cela?

Le grand patron de Brigil ne veut pas en entendre parler.

Il affirme que tout son modèle d'affaires repose sur la proximité des 2 millions de touristes qui visitent chaque année le Musée canadien de l'histoire. Il compte sur cette proximité pour attirer 300000 visiteurs par année dans sa tour d'observation de 55 étages. Et pour réaliser une telle chose, il n'y a qu'un terrain où c'est possible, et c'est celui sur la rue Laurier, a insisté Gilles Desjardins.

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Avec une campagne de marketing admirablement orchestrée jusqu'ici, Brigil a placé la population de Gatineau exactement là où il le voulait.

Nous voilà en train de nous déchirer entre partisans d'une vision prétendument «grande ville» et ceux qui cherchent au contraire à préserver un milieu de vie à «échelle humaine» au centre-ville.

Le débat est à ce point déchirant que même ceux qui n'aiment pas le projet de Brigil sont obligés de se demander si Gatineau peut se permettre de refuser une offre aussi alléchante de la part d'un promoteur.

Dans tout ce tumulte, on oublie peut-être de faire une constatation toute simple. Se peut-il que le projet de Brigil soit excellent, mais seulement pas à la bonne place?

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