Une bête erreur qui fait mal

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Des erreurs bêtes, tout le monde en fait. Mais certaines font plus mal que d'autres.

Ainsi en est-il de la faute commise par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), plus tôt cette semaine. Elle a ravivé de douloureuses blessures au sein de la famille de l'ex-conseiller municipal Georges Castagne et de Ginette Monfils.

Vous avez peut-être entendu parler de cette importante saisie de drogues effectuée sur la rue Doucet, tôt jeudi matin, dans le secteur Hull. Un coup fumant. Les policiers ont mis la main sur de la marchandise d'une valeur de 300 000 $ au marché noir et procédé à trois arrestations.

Le SPVG s'est empressé de publiciser son coup de filet. Sauf qu'elle s'est trompée d'adresse dans ses communications aux médias locaux. Au lieu de parler d'une saisie au 66, rue Doucet, c'est le 44, rue Doucet qui a été identifié par erreur comme le lieu de la descente.

La fausse adresse a été relayée par la télé, par la radio... Un caméraman s'est précipité pour filmer la maison. Les images se sont retrouvées au bulletin de nouvelles de la télé. Dans le quartier, ça s'est mis à jaser...

LeDroit aurait sans doute reproduit à son tour l'erreur de la police s'il n'avait été averti à temps par Ginette Monfils elle-même, en soirée, complètement catastrophée de cette erreur sur la personne.

Car vous l'aurez compris, le 44, rue Doucet, c'est chez Georges Castagne et Ginette Monfils.

Disons tout de suite que l'erreur de la police ne pouvait plus mal tomber. Car s'il existe des gens qui ont déjà donné en matière de publicité non sollicitée, c'est bien eux.

•••

Tout le monde dans le quartier connaît leur maison.

Pas tant parce que M. Castagne est un ex-élu municipal. Non, c'est plutôt en raison d'une sordide histoire qui remonte au 28 novembre 1991.

Ce jour-là, deux bandits se sont pointés à sa porte pour le kidnapper, sa femme, sa fille de 13 ans et lui. M. Castagne était alors gérant de la caisse populaire d'Aylmer.

Les deux bandits l'ont forcé à le suivre, fusil sur la tempe, jusqu'à la caisse populaire. Une fois sur place, ils ont dérobé 200 000 $ dans le coffre-fort tandis que Ginette et sa fille Dominique étaient détenues prisonnières dans une camionnette.

Ils ont été menacés de mort, menottés...

Les deux bandits ont été rattrapés quelque temps plus tard et condamnés à purger plusieurs années de prison. Sauf qu'avant que la lumière soit faite sur ce spectaculaire vol de banque, il y a eu des ragots. On s'est demandé si M. Castagne avait été complice du hold-up. L'enquête a révélé que ces insinuations étaient sans fondement. 

Mais le mal était fait.

«C'était le plus difficile à l'époque, raconte Ginette Monfils. D'imaginer que des gens pouvaient croire que Gilles aurait pu faire ça, qu'il aurait pu être complice du vol. Ça fait très mal. C'était l'odieux suprême. Se faire pointer du doigt après avoir subi ce qu'on avait subi. Une fois que le procès a été terminé, on s'est sentis libérés de cela.»

La famille a mis des années avant de se remettre de ses tristes événements. Du moins, le croyait-elle.

Jusqu'à jeudi dernier.

•••

C'était une banale erreur de la part du SPVG. Une erreur corrigée le soir même par un communiqué. Dans bien de cas, l'affaire n'aurait pas été plus loin.

Mais dans le cas de Ginette Monfils, c'est une erreur qui a ouvert les vannes. En voyant des automobilistes curieux ralentir devant sa maison, jeudi, elle a eu l'impression de revenir 24 ans en arrière.

Ce qui met le plus en rage Mme Monfils, c'est d'avoir dû elle-même faire des appels auprès du SPVG et auprès des médias pour faire corriger une erreur qui n'était pas la sienne.

Hier midi, elle rageait encore. Elle aurait aimé voir le SPVG publier un démenti officiel plutôt qu'un simple correctif sur sa page Facebook.

«Comment la police a-t-elle pu commettre une erreur pareille? se demande Georges Castagne. Me semble qu'il y a une nette différence entre le 66 et le 44. Nous, ça nous ramène plein de vieux souvenirs pénibles...»

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