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La conseillère Denise Laferrière a traversé une ligne qu'elle n'aurait pas dû franchir en acceptant de tourner dans une vidéo promotionnelle du promoteur immobilier Brigil.

Bien sûr, Mme Laferrière a droit à son opinion. Libre à elle de prendre fait et cause pour un hôtel de 55 étages au centre-ville si elle juge que c'est profitable pour Gatineau.

Mais jamais, au grand jamais, elle n'aurait dû accepter de tourner dans une publicité qui vante le projet de Brigil. Mme Laferrière est une représentante du peuple, pas une représentante des ventes!

Mme Laferrière affirme qu'elle n'a pas été rétribuée pour tourner dans cette vidéo qui a été présentée devant la Chambre de commerce de Gatineau, le mois dernier.

Je la crois sur parole. Mais ça ne change rien à l'affaire.

À Gatineau, où la Ville a longtemps été accusée de manger dans la main des gens d'affaires, une telle proximité entre une élue et un promoteur n'est pas souhaitable.

En plus, ça lance un drôle de message à la veille des consultations publiques qui s'amorcent lundi.

Ce n'est pas sérieux de demander aux gens de s'exprimer sur un projet s'ils ont l'impression que la Ville a déjà fait son nid.

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Ceci dit, Mme Laferrière a raison quand elle dit que Gatineau ne peut se permettre de fermer la porte à un entrepreneur qui propose d'investir 400 millions de sa poche dans le développement du centre-ville.

Mme Laferrière a encore raison quand elle affirme que même si le projet de Brigil dépasse, et de beaucoup, la limite de six étages permise dans le secteur, ce n'est pas une raison suffisante pour le disqualifier d'office.

Mme Laferrière continue d'avoir raison quand elle avertit les résidents du quartier du Musée que le centre-ville ne leur appartient pas et que les enjeux liés au projet de Brigil dépassent de loin leur petit secteur.

Mme Laferrière a même le droit de croire sur parole le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, quand il affirme qu'il a les moyens de ses ambitions et que tout ceci n'est pas qu'un gros show de boucane.

À son dernier mandat comme conseillère, Mme Laferrière aimerait voir les choses enfin bouger au centre-ville, un quartier qu'elle représente depuis 2001. Mais en sautant trop vite dans la mêlée, elle nuit à sa propre cause.

Désormais, elle aura l'air de travailler pour un promoteur plutôt que pour la cause qui lui tient à coeur.

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Pour ma part, je constate que la population n'a pu consulter, jusqu'ici, aucun plan détaillé, aucune étude de marché, qui soutiennent les prétentions de Gilles Desjardins quant au potentiel de son projet.

Or dans le contexte très particulier de la revitalisation du centre-ville, beaucoup de questions demeurent sans réponse quant aux impacts d'un projet aussi pharaonique.

Brigil est avant tout un promoteur. On ne lui reprochera pas de mettre le paquet pour éblouir la galerie et vendre son projet.

Mais on s'attend à ce que la Ville de Gatineau fournisse en contrepartie une analyse éclairée et objective pour aider les citoyens à soupeser les pour et les contre.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est fait accuser de manquer de vision en n'endossant pas sur le champ le projet de Gilles Desjardins. Pour ma part, je trouve qu'il fait preuve d'une saine réserve en attendant d'avoir toutes les informations en main avant de trancher.

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